La FNB organise tout au long de l’année des journées thématiques. La dernière séance du 9 novembre s’est tenu à Paris dans les locaux d’INTERBEV pour traiter de 3 sujets : La conjoncture, NORMABEV et le sanitaire.

Premier sujet : la conjoncture

Sur la conjoncture, différents points sont à noter. La consommation de viande est en baisse en France pour la première fois sur les 7 premiers mois de l’année (-1,6%). Très certainement que l’inflation y contribue. La consommation reste tout de même dynamique en RHD et baisse en GMS.

 

Les abattages sont également en baisse d’environ 5 % par rapport à 2022, on enregistre une baisse de 8 % sur les vaches allaitantes. Cela s’explique par une offre moindre car on fait suite à plusieurs années successives de décapitalisation sur le cheptel français.

L’année 2023 s’annonce également à la baisse en terme de nombre d’animaux, une baisse d’environ 2,2 % au 1 er octobre. Même si cette situation n’est pas réjouissante, elle a le mérite de tenir les cours à un niveau soutenu.

 

Au niveau exportations les chiffres sont également à la baisse avec -7 % au niveau national et -4,5 % uniquement sur le marché italien. Le nombre de mâles semble se maintenir mais la chute est importante pour les femelles. Le sanitaire perturbe bien sur les transactions notamment au pourtour de la zone régulée MHE.

Un point de satisfaction tout de même au niveau des importations qui sont en baisse de l’ordre de 3 % après une année record en 2022.

La FNB alerte sur le fait que le maintien de l’élevage en France passera par un juste prix des animaux. A ce sujet elle rappelle à tous les acteurs de la filière viande la nécessité de se conformer à la loi EGALIM, la contractualisation est un levier indispensable. Les pouvoirs publics doivent assumer sans délai leur responsabilité et tout mettre en œuvre pour faire appliquer la loi. Nous sommes de plus dans un contexte de baisse de production, ne cédons pas à la panique, et soyons fermes dans nos négociations quotidiennes sur nos fermes.

Un point à l’ordre du jour sur NORMABEV

Le deuxième sujet de la journée concernait NORMABEV avec la présentation des différentes actions par le directeur Jean-Luc BOUTON ainsi que son fonctionnement.

 

C’est une association technique interprofessionnelle dans laquelle siègent les différents acteurs de la viande (FNB, la coopération, Culture viande…). Elle est financée par un prélèvement de 0,8 € sur chaque animal abattu à hauteur de 50 % pour la production et 50 % pour les abatteurs.

Cette association assure un certain nombre de missions au sein des abattoirs comme le traitement des informations d’abattage, la formation et le suivi des agents classificateurs, l’harmonisation de ce qu’ils appellent la PPCM (Présentation, pesée, classification, marquage).

 

Le traitement des informations d’abattage concerne la collecte des données d’abattage, la transmission à la BDNI (Base nationale d’identification) ainsi que les données sanitaires. En clair ce sont toutes les données que nous recevons sur le site internet de NORMABEV après l’abattage de nos animaux. Il faut savoir que ces informations doivent nous être communiquées au plus tard à 7 h le lendemain de l’abattage de l’animal. C’est réglementaire et très important dans le cadre d’une réclamation sur un incident après abattage.

 

L’association a un grand rôle dans le respect des règles PPCM à savoir : la présentation de l’animal après l’abattage (éviscération, émoussage…). Cela peut avoir une incidence sur le poids de l’animal au final.

  • La pesée est un aspect très contrôlé car il s’agit d’une pesée fiscale qui fait foi dans le cadre du paiement de l’animal. La tare, la justesse des bascules, le temps entre l’abattage et la pesée, etc, sont autant de points qui sont vérifiés.
  • La classification comprend la conformation et l’engraissement avec les notes de 1 à 5 et la grille EUROP que l’on voit apparaître sur nos tickets de pesée. Les agents des abattoirs sont formés et suivis sur tous ces sujets.
  • Et enfin le marquage concerne plutôt la traçabilité de l’animal.

Une douzaine d’agents de NORMABEV se répartissent les différents abattoirs du territoire afin de vérifier les points cités précédemment. Leur venue est inopinée dans les centres d’abattage et varie en fonction du dimensionnement de l’outil. C’est également via ces agents que se font les réclamations post mortem sur les animaux qu’il s’agisse de problèmes de classement, de saisie ou autres.

 

Enfin, un point sanitaire, notamment sur la MHE…

Cette maladie arrivée par l’Espagne dans le courant du mois de septembre, s’est très vite propagée du Pays Basque jusqu’à chez nous et même au-delà des frontières de l’Occitanie, en raison de la transmission par un insecte piqueur de la famille des culicoïdes comme pour la FCO.

A ce jour, les connaissances scientifiques sur la maladie sont faibles et le problème réside en ce point. En effet, aucun acteur de la filière n’est aujourd’hui en capacité de définir les impacts futurs sur nos cheptels.

Personne ne sait si on doit s’attendre à des problèmes de reproduction à partir du printemps prochain. Personnes ne sait dire s’il y aura une inactivité vectorielle durant l’hiver et comment pourrait reprendre la maladie par la suite…

Toutes ces questions restent pour l’heure sans réponses. Des études sont en cours dans les départements des Hautes Pyrénées (65) et des Pyrénées Atlantiques (64) pour évaluer de plus près les impacts de la maladie.

Un lot d’une centaine de broutards des Pyrénées Atlantiques (64) a également été isolé pour suivre leur taux de positivité et la durée. C’est un aspect très important pour le commerce.

 

Ce qui est sûr pour l’instant c’est que dans les élevages touchés par la maladie, les conséquences peuvent être sévères, des animaux fortement atteints qui nécessitent énormément de soins, de temps et de frais vétérinaires.

Tout l’aspect commercial a également été évoqué avec les difficultés que l’on connaît tous pour les marchés d’export. La FNB reste ferme sur le sujet, il faut un véritable plan d’aide pour les élevages concernés. C’est pour cela qu’il faut impérativement se déclarer lorsque l’on a un animal atteint de la maladie car une chose est sure, seuls les élevages déclarés bénéficieront d’une aide (si aide il y a…)

 

…mais aussi sur la tuberculose bovine

Un dernier point a été abordé, il s’agit de la tuberculose bovine. Cette maladie très réglementée et très surveillée ne s’estompe pas. Le nombre de cas reste globalement stable sur le territoire national malgré les efforts de diagnostics réalisés. La France reste indemne de tuberculose tant que son taux de positivité reste en dessous de 0,1 %, mais comme le nombre de cheptel diminue, le taux grimpe et on se rapproche dangereusement de la limite. Donc attention à bien faire le travail de détection pour ne pas que la situation dérape car c’est une maladie très sournoise. Des pistes de travail sont en cours au sujet des méthodes de diagnostic pour gagner en efficacité ainsi que sur les montants d’indemnisation en cas d’abattages d’animaux.

N.D