Synthèse de le veille hydrologie de l’Ariège pour le mois de novembre :

La réaction de Nicolas Pujol, référent grande culture et irrigation à la FDSEA09

« Dès le 12 octobre, la profession avait formulé la demande d’abaisser le DOE à Calmont, cela a permis, selon les chiffres du SMDEA, d’économiser 500 000 m3 d’eau ! Bien que cela puisse paraître dérisoire, il faut tout de même noter l’effort et la prise de responsabilité de la profession. Si cela avait été fait, dès le 1er octobre, comme l’avait demandé la profession, nous aurions pu espérer près d’un million de m3 économisés.

On doit regarder les aspects positifs qu’a engendré cette mesure. Tout d’abord, au vu des résultats obtenus, elle ouvre la porte d’une gestion pluri-annuelle du Lac de Montbel. Ensuite elle permet d’envisager une adaptation plus réactive aux conditions du milieu et au niveau en fin de période d’irrigation, et c’est ce que souhaite la profession.

Concernant la Guanguise, les transferts ont repris depuis début Octobre conformément aux règles de gestion de ces deux lacs accentuant malheureusement la vidange de Montbel. Actuellement, le remplissage n’a toujours pas débuté, les pluies ont été trop faibles et n’ont pas permis de gonfler suffisamment le niveau de l’Hers au Peyrat.

Nous ne pouvons qu’espérer un hiver suffisamment pluvieux pour remplir ces deux lacs à des niveaux permettant d’envisager une saison d’irrigation plus sereine et confortable… »

                                                                                                                                  

« Les irrigants ne lâchent rien », Article du groupe Réussir

À Clermont Ferrant, les représentants des Irrigants de France faisaient partie des 580 participants du congrès de l’AGPM qui s’est tenu les 21 et 22 novembre 2023 L’année 2023 a été favorable à la culture du maïs. « Les agriculteurs qui auront récolté plus de 120 quintaux en irrigué ont les moyens de compenser l’effet ciseau prix –charges auquel aucun planteur n’a échappé », estime Eric Frétillère, président des Irrigants de France.

Mais personne n’est en mesure de prédire si l’année 2024 sera caniculaire ou pluvieuse. Le climat est de plus en plus imprévisible, alternant des périodes sèches et des périodes pluvieuses. S’il pleut autant que les années passées, ce n’est pas toujours quand les plantes en ont besoin pour se développer. D’où la nécessité de gérer la ressource en eau.« À leur niveau actuel, les capacités de rétention des retenues d’eau équivalent à une journée de débit de l’ensemble des fleuves en cette période de crue ! souligne le président d’Irrigants de France. Remplir les retenues d’eau avec une partie des pluies tombées en abondance le mois dernier n’a donc aucun impact sur la ressource en eau ».

Selon Eric Frétillère, construire des nouvelles retenues d’eau va de soi. C’est pourquoi Irrigants de France « défend les deux projets de retenues d’eau à l’étude sur le plateau de la Limagne ». Les agriculteurs irrigants doivent avoir les moyens d’anticiper les effets dévastateurs des prochains épisodes de sécheresse qui surviendront inévitablement. Hausse redoutée de la prime MRC.

Les destructions causées l’été dernier par les manifestants « anti-bassines » empêchent leurs propriétaires de stocker de l’eau. « Et c’est un scandale », soutient Eric Frétillère. « Ces installations conçues par des agriculteurs ont été détruites par d’autres agriculteurs. Il faut que justice soit rendue. Lors des manifestations, la FNSEA a évité des affrontements qui auraient pu être dramatiques ». « Ces opposants aux retenues d’eau refusent d’admettre que la population est favorable au stockage de l’eau », ajoute le responsable professionnel.   Pour 2024, Irrigants de France redoute une hausse des primes d’assurance qui annihilerait au mieux le passage du taux de subvention de 65 % à 70 % en raison de la sinistralité accrue de l’activité agricole. Or une prime trop élevée avec un restant à charge important dissuadera les agriculteurs de s’assurer. « En rendant la souscription d’un contrat d’assurance multi risque climatique obligatoire, son coût serait moins élevé car le risque serait mutualisé », défend le président d’Irrigants de France.

Dans l’immédiat, Irrigants de France est très remonté contre la hausse de la redevance « eau » votée dans la loi de finances 2024. Un prix plancher a été fixé, bien plus élevé pour les systèmes d’irrigation non gravitaires que pour les systèmes gravitaires. Le syndicat Irrigants de France « veillera quant à la bonne utilisation qui sera faite des fonds collectés. Ils ne devront bénéficier qu’aux agriculteurs ».

La réaction d’Alexandre Toulis, référent eau pour les Jeunes Agriculteurs de l’Ariège :

« A l’échelle du département, il est important de continuer à pousser pour la mise en œuvre de l’adducteur du Touyre, pour alimenter Montbel.

Cela pourrait avoir plusieurs bénéfices pour conforter,

  • d’une part les surfaces de maïs semence du département, qui en plus créent des emplois saisonniers
  • d’autre part l’ensemble des cultures céréalières de la plaine de l’Ariège

A mon sens aujourd’hui ce qui est essentiel pour la profession, c’est de penser la gestion de l’eau sur le long terme, afin d’assurer la pérennité de notre système cultural.

Créer de nouvelles réserves permettrait d’éviter les restrictions annuelles, mais ces dernières auraient vocation à être multi-usage. »