Cette stratégie acte un changement de méthode. Elle fixe des objectifs de réduction des
risques et des usages de produits phytopharmaceutiques cohérents avec nos  engagements européens et internationaux en matière de lutte contre le changement climatique et de préservation de la biodiversité, tout en donnant à tous les agriculteurs les moyens de cette transition, par le développement de méthodes alternatives et le renforcement de leur accompagnement dans le changement de pratiques.

Les plans Écophyto successifs déployés depuis 2008 ont permis de faire la démonstration, dans de nombreux cas de figure, de l’existence de systèmes de culture économes en  produits de synthèse sans dégradation majeure des indicateurs économiques. L’action engagée par le Gouvernement depuis 2017 et le plan Écophyto Il+ ont permis d’enregistrer, pour la première fois depuis 2009, une baisse de l’usage de produits phyto-
pharmaceutiques de synthèse, avec un retrait de 20 % en 2022 par rapport à la moyenne 2015-2017.
Conformément au droit européen, la stratégie Écophyto 2030, qui prend la suite du plan Écophyto II+, constitue la feuille de route de la France pour atteindre un objectif ambitieux de réduction de l’utilisation et des risques globaux des produits phytopharmaceutiques tout en respectant l’objectif de souveraineté alimentaire. Initié en 2023, le travail d’élaboration de la stratégie Écophyto 2030 résulte d’un travail associant les ministères en charge de l’Agriculture, de la Transition écologique, de la Santé, de la Recherche et des Outre-mer, ainsi que l’ensembledes parties prenantes. Elle a fait l’objet de près de 40 entretiens bilatéraux, mais également de consultations auprès de différentes instances, dont le Comité d’orientation stratégique et de suivi d’Écophyto. La stratégie Écophyto  2030 dévoilée aujourd’hui traduit la triple ambition de la France en matière agricole :

  • Préserver la santé publique et celle de l’environnement dans une logique « Une seule santé »;
  • Soutenir les performances économique et environnementale des exploitations ;
  • Maintenir un haut niveau de protection des cultures par une adaptation ded techniques utilisées.

Avec cette stratégie, la France poursuit son objectif d’une réduction de 50 % de  l’utilisation et des risques globaux des produits phytosanitaires, tout en se plaçant dans le  respect d’un principe: « pas d’interdiction sans solution». Cela se traduit concrètement par la mise en place et le déploiement d’actions d’une ampleur sans précédent :

  • d’une part, dès mai 2023, l’élaboration et la mise en œuvre du Plan d’anticipation du  potentiel retrait eu- ropéen de substances actives et de développement de techniques  alternatives pour la protection des cultures (PARSADA) qui vise à préparer la transition  à venir et éviter de nouvelles impasses techniques et est doté de moyens conséquents.  Pour ce faire,250 millions d’euros de la planification écologique seront  déployés pour l’année 2024 dont un financement de 146 millions d’euros pour les  plans d’action filière;
  • d’autre part l’organisation à partir de mars 2024 d’un cycle de réunions visant à rechercher des solutions à court terme pour agir sur les situations de distorsions  recensées par les producteurs avec les autres États membres de l’Union européenne.  Ces travaux sont déjà initiés pour plusieurs cultures ont déjà permis d’identifier de premiers leviers d’action dès la campagne 2024 pour un certain nombre de cultures.

Cette nouvelle stratégie Écophyto 2030 s’inscrit également dans une perspective  d’alignement européen, nécessaire à la cohérence des politiques publiques menées au  niveau européen aux fins de conjuguer ambition environnementale et concurrence loyale. Cela doit se traduire dans la poursuite des objectifs de réduction des risques liés à  l’utilisation des produits phytopharmaceutiques et dans le calendrier futur de  réévaluation des substances aux niveaux national et européen.

La stratégie Écophyto 2030 se décline en cinq axes, comprenant à la fois le plan d’anticipation et de recherche d’alternatives via le PARSADA, mais aussi d’autres mesures  volontaristes spécifiques à la politique de protection des cultures et d’accompagnement  des filières et des agriculteurs :

  1. Accélérer la recherche d’alternatives pour se préparer à la réduction du nombre de  substances actives autorisées ;
  2. Accélérer le déploiement dans toutes les exploitations des solutions agroécologiques ;
  3. Mieux connaître et réduire les risques pour la santé et pour l’environnement de l’usage des produits phytopharmaceutiques;
  4. Recherche, innovation et formation ;
  5. Territorialisation, gouvernance et évaluation

Dans un souci de cohérence au niveau européen et afin de conjuguer les enjeux de santé  publique, d’ambition environnementale et de concurrence loyale, la stratégie Écophyto   2030 fixe un objectif de réduction de 50% de l’utilisation et des risques globaux des produits phytopharmaceutiques à l’horizon 2030 par rapport à la moyenne triennale 2011-2013. Pour suivre les résultats de cette stratégie, l’indicateur de Risque Harmonisé 1 (HR11), institué par la directive européenne 2009/128, succède au NODU  en tant  qu’indicateur principal. Il permet de mesurer l’évolution de l’utilisation des substances actives en les pondérant par un coefficient de quantification du risque. Des indicateurs complémentaires seront publiés régulièrement par le Gouvernement.

La stratégie Ecophyto 2030 est consultable ici : https://agriculture.govv.fr/ strategie-ecophyto-2030

Marc FESNEAU, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire, déclare:

« La nouvelle méthode mise en place dans stratégie Ecophyto 2030 permet d’approfondir
notre engagement résolu en faveur d’une agriculture compétitive et plus sobre en intrants, plus respectueuse de notre environnement et de notre santé. Cette nouvelle méthode, c’est celle de l’accélération de la recherche et du déploiement des solutions  alternatives pour résoudre et éviter les impasses techniques en matière de protection des  cultures. C’est tout l’objectif du plan PARSADA doté de moyens inédits avec 250 M€ pour la recherche et la massification des transitions, afin de donner de la visibilité aux  agriculteurs, filière par filière et à élargir la palette des so- lutions disponibles. C’est une ambition collective qui engage tous les acteurs des filières. C’est aussi une nécessité pour  concilier souveraineté alimentaire et transition écologique.»

France Nation Verte