En réaction a l’actualité concernant le glyphosate, Sébastien Durand, référent grande culture de la FDSEA de l’Ariège, prend la parole sur le sujet.

 

« L’herbicide nommé  » glyphosate » a toujours été et est toujours controversé en France, ces dernières semaines l’actualité agricole et politique Européenne actuelle le rappelle encore.

A entendre les médias français, on croirait que l’ensemble des agences sanitaires internationale conspirent avec Monsanto et l’agro-industrie pour empoisonner les consommateurs et les citoyens.

C’est absolument délirant !

En 2015, le centre international de recherche sur le cancer a classé le glyphosate comme « cancérigène probable », au même titre que la viande rouge ou l’eau chaude (dont les avis n’étaient que consultatifs). Depuis 10 ans, aucune autre étude d’aucune autre agence (y compris l’OMS) n’a pu avancer cette conclusion avec certitude.

A mon sens, l’opinion publique est démunie face à une information qu’elle ne maitrise pas ou qu’elle ne comprend pas. Et comme pour beaucoup d’autres sujets, force est de constater qu’une fois de plus le problème vient en réalité de la désinformation.

 

Il faut remettre le glyphosate à sa place, expliquer sa fonction et son utilisation. C’est un désherbant qui est fait, comme son nom l’indique pour, détruire les mauvaises herbes. Une grande majorité des consommateurs et des citoyens ne savent même pas que c’est un traitement que l’on ne fait pas en végétation sur nos cultures !

Par conséquent, si des traces de glyphosate sont retrouvées sur des produits consommés, il faudrait savoir la véritable origine de ces produits analysés.

Aujourd’hui il me semble important de rappeler que nous sommes tous formés et contrôlés pour réaliser les traitements nécessaires, de la façon la plus utile et la plus efficace.

Aujourd’hui on utilise le glyphosate dans un souci de productivité, n’oublions pas que le premier rôle de l’agriculture est de nourrir les populations.

Une interdiction complète de cette molécule en France serait catastrophique pour tous ceux qui sont engagés dans une agriculture raisonnée et respectueuse de l’environnement. Ils n’ont aucune alternative ! Si le glyphosate doit être retiré un jour, alors l’Etat et l’Europe devront être en mesure de nous proposer une alternative pour assurer la productivité de nos cultures. Le constat est simple à ce jour cette alternative n’existe pas !

Alors retroussons nous les manches, nous avons 10 ans pour trouver des solutions à la non utilisation du glyphosate en agriculture basée sur la conservation des sols. »

S.D