Installé depuis janvier 2023, Mickaël Cathala élève un petit troupeau de limousin à Leran. Jeune homme passionné, il explique comment en s’installant il a donné une place important à l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle.

 

« Je me suis dit si je ne m’installe pas là, je ne le ferai peut-être jamais »

Je m’appelle Mickael Cathala, je me suis installé en janvier 2023, sur la commune de Léran, en vache limousine. Je ne sais pas vraiment si j’ai toujours voulu faire ce métier, mais ce qui est sûr c’est que ça m’a toujours attiré, j’y avais déjà pensé mais ce n’est pas toujours facile de trouver quand on est hors-cadre familial.

Avant de m’installer, j’ai été chauffeur poids lourds et salarié agricole pendant 4 ans chez un patron, et j’aurai eu l’opportunité de m’installer chez lui, mais finalement, ça n’a pas abouti. Donc je me suis dit que je me n’installerais peut-être pas tout de suite, que le parcours serait un peu long… et finalement c’est arrivé, un peu comme ça…

L’an dernier, j’ai eu l’opportunité de reprendre l’exploitation de la mère de ma compagne, et comme j’avais toujours un peu eu en tête l’idée de m’installer j’ai saisi l’occasion, je me suis dit « si je ne le fais pas là, je le ferai jamais ». Et donc voilà comment j’en suis là aujourd’hui, je me suis lancé et je me retrouve exploitant, avec mon petit troupeau de limousines et je suis le plus heureux.

Depuis que je me suis installé, j’ai agrandi le troupeau, j’ai une dizaine de vaches en plus, que je suis allé chercher à Limoges, et j’ai aussi récupéré quelques hectares supplémentaires dans le secteur de Camon. Après je veux continuer ça, je n’ai pas forcément envie d’augmenter le troupeau, j’ai 28 mères et un taureau, si je monte à 30/35 mères ça sera le maximum c’est sûr. En fait j’ai envie de garder un petit troupeau parce que j’ai envie de pouvoir continuer à travailler seul, ça me correspond bien.

 

« Ma priorité c’était de trouver mon équilibre personnel et professionnel »

Depuis que je me suis installé, je n’ai pas vraiment changé le fonctionnement de l’exploitation. En fait je savais qu’en partant de rien c’était difficile de s’installer, alors là, en arrivant sur une structure ou tout est plus ou moins déjà en place, je n’avais pas envie de tout chambouler tout de suite. J’ai les terres en fermage, les bâtiments en état, un troupeau qui va bien. Pour la commercialisation c’est pareil, j’ai repris l’existant, je vends quelques bêtes aux bouchers et à la boucherie du Carrefour de Lavelanet, mais sinon tout part avec le maquignon.

 

Ce que je voudrais faire évoluer par contre c’est la reproduction, j’ai un taureau, donc l’idée c’est d’investir dans un nouveau taureau tous les trois ou quatre ans, et comme ça j’aurais des bêtes 100% de mon troupeau. J’y tiens à cette idée parce que je crois que c’est ça qui fait que tu peux avoir un troupeau qui te correspond, avec des bêtes qui te connaissent, qui sont habituées à toi, ça simplifie la vie au quotidien quand même.

 

Pour les terres, j’ai une grande partie en production de céréales : tournesol, mais, luzerne, fèverole, orge… et comme ça je suis en autoconsommation, je n’achète pas du tout d’aliment, je produis moi-même et je donne tout à mes bêtes, et s’il y a du surplus je vendrai en coopérative. Et après il me reste quelques landes de parcours, quelques pacages pour les bêtes, autour des bâtiments principalement.

 

Voilà, en fait l’important pour moi c’était un équilibre entre la vie pro et le vie perso, et pour ça il faut s’organiser au mieux, et surtout faire les choses simplement je crois. On sait que l’élevage c’est beaucoup de temps, et l’agriculture en général d’ailleurs. Ma compagne elle sait ce que c’est puisque ses parents étaient agriculteurs, mais on est une nouvelle génération, on voit peut-être la vie un peu différemment. J’avais vraiment envie qu’on ait chacun nos vies professionnelles bien séparées. Alors ça n’empêche pas que le soir, ou le week-end parfois elle m’accompagne à la ferme, qu’elle me donne un petit coup de main, mais parce que ça lui plait à elle aussi. En fait je n’ai surtout pas envie que si un jour c’est un peu compliqué à la ferme, ça impacte à la fois notre vie professionnelle et notre vie personnelle.

 

Donc on sépare les deux, et de mon côté je fais en sorte de ne pas passer mon temps à la ferme et de m’organiser pour avoir du temps libre : quand les vaches sont à l’herbe par exemple, je vais voir si tout le monde va bien, une fois le matin une fois le soir et voilà, je ne me mets pas plus de contrainte que nécessaire.

 

« Il faut savoir s’entourer pour réussir son parcours à l’installation »

Pour parler un peu plus de mon parcours d’installation, j’ai plutôt pris la voie classique on va dire. Accompagnement par le Chambre d’Agriculture, le Crédit Agricole et Groupama.

Au Crédit Agricole j’ai été accompagné par Stéphanie Dedieu Lebrun, et honnêtement je n’ai rien à redire sur l’accompagnement, le conseil, l’écoute. En fait, ma belle-mère avait déjà les comptes et le suivi au Crédit Agricole pour la ferme, donc je me suis naturellement tourné vers eux pour mon installation. Je savais que c’était des partenaires de confiance.

J’avoue qu’au début, quand on s’installe on est un peu perdu, on ne sait pas trop par où commencer, surtout sur le volet financier, donc c’est rassurant d’être accompagné par les bonnes personnes.

Au Crédit Agricole, on m’a conseillé sur le financement de mon projet, mais aussi dans l’anticipation du plan économique et du financement de mon projet. Par exemple, sous leurs conseils, je suis partie avec un fond de roulement, c’est-à-dire que j’ai une année de battement en quelque sorte, que j’ai le temps de tout mettre en place pour que financièrement l’exploitation sois le plus stable possible. On ne sait jamais ce qui peut arriver, et s’il y a un coup dur sur la première année d’installation, ça peut être rude d’assumer tous les remboursements, les crédits, etc… Ce fond de roulement, ça me permet d’être un peu plus tranquille, de me dire que je vais pouvoir gérer financièrement.

 

Si je devais donner un seul conseil aux jeunes qui veulent s’installer, c’est vraiment qu’il faut savoir s’entourer pour réussir son parcours à l’installation, et ne pas avoir peur de demander de l’aide parce que sans ça, on peut vite se sentir décourager je crois.

L’œil du professionnel sur l’installation de Mickael

Stéphanie Dedieu Lebrun

Nous avons réalisé en tandem avec Gaëlle COMMINGES la visite sur l’exploitation que souhaitait reprendre Mickael. Il a ainsi pu nous présenter son projet de reprise, sur une exploitation connue de notre établissement financier. Ensemble, nous avons co-construit le plan de financement. L’accompagnement se poursuit encore aujourd’hui. En effet, nous avons effectué au mois de mars 2024 un temps d’échanges à « Un an de l’installation » dans le but de réaliser un point sur le démarrage de son activité. Je suis fière que le Crédit Agricole Sud Méditerranée en tant que Partenaire engagé de du financement et de l’assurance de l’agriculture sur l’Ariège contribue à favoriser l’installation des jeunes agriculteurs.

A.D