A la suite de l’appel à la cour de Toulouse, les élus de la ruralité Ariégeoise ont eu droit à une parenthèse de soulagement et d’espoir : justice leur avait été rendue, la vérité avait été rétablie.

Mais ce réjouissement ne fut que de courte durée. Le pourvoi en cassation tombe quelques jours après la relaxe du tribunal de Toulouse. Le combat pour la ruralité reste encore à mener.

Ce sont les représentants qui, une fois de plus, vont se retrouver au barreau, mais derrière eux c’est tout un monde qui doit se battre pour sa liberté de vivre, pour ses traditions, pour ses valeurs.

Une fois de plus, nous faisons appel à votre soutien, non pas pour soutenir un syndicat, une fédération, une association, mais pour prouver la force de la ruralité, et sa détermination à défendre les territoires agricoles et ruraux.

Historique du procès

Acharnement judiciaire et accusations mensongères, les mots de Maitre Leguenec

« Le jugement de première instance à Foix n’était pas compréhensible, à la fois sur le principe de la condamnation et sur les peines prononcées, les mêmes qu’à Sainte-Soline où des dizaines de gendarmes avaient été blessés. Cela n’avait aucun sens. La cour d’appel de Toulouse a remis les choses à l’endroit. Sa décision est claire et nette. Avant tout, elle a rappelé une chose très importante : la liberté de manifestation est aussi essentielle que la liberté de réunion, elle doit être protégée de la même manière. Elle explique aussi que ce n’est pas parce que la manifestation n’a pas été déclarée correctement que pour autant il y a une entrave à la liberté de réunion des associations plaignantes. Ensuite, il suffisait de visionner l’intégralité des vidéos comme nous l’avons fait à l’audience pour constater que la réalité était à mille lieues de la description apocalyptique faite par les plaignantes ou certains témoignages qu’elles produisaient. Par exemple la cour a relevé que les prétendues « hordes » traversant la rivière pour « venir au contact des forces de l’ordre » … n’existaient pas. Ou que « l’état de siège » dont parlait les plaignantes n’était que « l’appréciation toute subjective d’une personne » … Elle a aussi pointé les contradictions des plaignantes, et rappelé le rôle modérateur de vos dirigeants au cours de cette manifestation. La cour note aussi que lorsque des troncs ont été déposés symboliquement sur la chaussée, cela s’est fait « dans un grand calme ». Je crois que comme nous les juges ont été frappés par ces vidéos qui montraient la réalité des faits et démentaient totalement les plaintes. Au final, il était évident qu’il n’y avait aucune « entrave concertée à la liberté de réunion », encore moins par « menaces », comme le prétendait la poursuite, qui était très artificielle et avait été construite par les associations plaignantes. La cour d’appel a restitué les faits tels qu’ils étaient, et elle a fait du droit tout simplement. La seule condamnation confirmée est celle des quatre structures pour le défaut de déclaration de la manifestation, qui est une infraction assez formelle. En l’occurrence la manifestation avait été déclarée dans l’urgence et pas dans les formes et délais prévus par la loi. »

LE PRIX PERSONNEL DE LA JUSTICE

La joie de la relaxe dans le « procès de la ruralité » avait illuminé leurs visages : Clémence, Philippe, Jean-Luc, Rémi, Jean-Pierre, Cédric. Des visages que vous connaissez tous, par des liens d’amitié, de voisinage ou le partage de causes et de passions communes.

Avec soulagement et satisfaction, nous avons vu la justice reconnaître leur innocence, affirmant qu’ils n’avaient fait qu’exercer leur droit à l’expression lors du colloque de La Bastide de Sérou.

La joie a été de courte durée. Immédiatement après la décision du tribunal de Toulouse, l’Etat et les associations écologistes annonçaient se pourvoir en cassation contre la FDSEA, la Fédération de chasse, les Jeunes Agriculteurs et l’ASPAP.

Cette procédure judiciaire représente un fardeau financier. Mais elle affecte aussi personnellement nos amis et représentants : Clémence, Philippe, Jean-Luc, Rémi, Jean-Pierre, Cédric. Eux que vous retrouvez d’un bout à l’autre de l’Ariège et au-delà, défendant nos revendications au quotidien, sans ménager leur santé, ni leur temps. Aujourd’hui, ils se retrouvent à payer un prix très élevé pour leur engagement, un prix qui pèse lourd jusque dans leur vie personnelle.

C’est pour eux que nous lançons à votre solidarité. Nous devons rassembler des fonds pour couvrir les frais d’avocats et soutenir ces membres de notre communauté qui se battent non seulement pour leurs droits, mais aussi pour nos valeurs communes.

Chaque contribution, petite ou grande, est un geste de soutien envers nos amis et un pas de plus vers la justice. Nous vous remercions du fond du cœur pour votre générosité. Ensemble, exprimons les forces les plus nobles de la ruralité, celles du cœur et de l’humanité.

 A.D et M.L