Le 25 avril dernier, le SAGE organisait, dans les locaux du Conseil Départemental de l’Ariège, le bilan d’une concertation territoriale qui a duré 3 mois. Près de 80 personnes  étaient présentes à cette occasion, dont une grande majorité d’élus locaux, et  d’associations, à noter également une représentation de la parole citoyenne et de la  profession agricole.

En guise d’introduction Jean-Paul Ferré, Président de la Commission locale de l’eau du  SAGE, revient sur le déroulé de la concertation et sur ces objectifs.
« Depuis trois mois, les animateurs du réseau et de la concertation publique SAGE  parcourent les campagnes de l’Ariège pour aller à la rencontre des acteurs de l’eau sur le  territoire départemental, mais aussi des citoyens et des consommateurs. Avant de  débuter le bilan et la synthèse de cette concertation, il me semblait important de rappeler  que l’objectif de ces trois mois, c’était de mettre en place un politique d’implication de l’ensemble des acteurs des territoires, qu’ils soient élus, citoyens, agriculteurs, ou  membre d’associations… Je crois que le défi a été relevé, maintenant on rentre dans la phase de concrétisation puisque le bilan de cette concertation sera la base de travail pour  la rédaction du règlement du Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux pour notre  territoire».

Bilan qualitatif de la concertation
Toujours dans un esprit d’implication des acteurs du territoire, le bilan de la  concertation  s’est ouvert sur un tour de salle au cours duquel chacun a pu prendre la parole pour faire  son propre bilan de ces trois mois de concertation. Pour rappel, les 3 enjeux qui avaient été soulevés à l’ouverture des concertations étaient les suivants : Sobriété et partage de  l’eau, qualité de l’eau et sécurisation de la ressource.

Nicolas Pujol, présent en tant que représentant de la profession agricole donne son avis :
« J’ai participé à plusieurs rencontres de territoire, et je dois dire que les formats proposés étaient toujours intéressants et dynamiques, notamment grâce à une animation réussie. La profession agricole s’est mobilisée tout au long de la concertation, et je crois  que l’on peut s’en féliciter. Nous sommes tous conscients des enjeux que représente  l’eau, puisque c’est un élément à part indispensable à notre profession. Concernant les   rencontres auxquelles j’ai participé, j’ai constaté des échanges constructifs dans  l’ensemble et un consensus global qui est plutôt encourageant. Un gros travail reste  cependant à faire sur le manque d’information auprès du grand public, et tous les acteurs  et les représentants doivent être acteurs de cette diffusion d’information. »

 

La profession agricole réagit
Pierre Michel, agriculteur
« L’irrigation et la production de céréales, notamment le maïs, sont souvent pointés du  doigt, mais ces cultures ont leur importance tant sur le plan environnemental,  qu’économique pour le département. L’été quand il fait chaud dans les plaines de l’Ariège  le maïs est le meilleur élément pour rejeter du CO2, pour équilibrer les températures, s’il  n’y avait pas ces cultures-là, on arriverait vite à des températures proches des 50 degrés  dans la plaine… Pour finir il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui le maïs représente le plus  gros tonnage de production du département, et donc l’économie la plus importante pour l’agriculture départementale. »

Anne-Claire Latrille, Représentante de la Chambre d’Agriculture de l’Ariège
« La restitution de la concertation qui est faite aujourd’hui soulève beaucoup de questions  et de sujets à approfondir, ce qui est très encourageant pour la suite des  travaux. Cependant à mon sens il manque, dans cette synthèse des éléments sur  l’évolution des pratiques de la profession agricole, et les contributions positives qui ont  été apportées par la profession elle-même, mais aussi les retours et les échanges  constructifs qui sont ressortis de cette concertation.»

Nicolas Pujol, Représentant de la Chambre d’Agriculture de l’Ariège
« Je rejoins Anne-Claire sur le sujet de l’évolution et de l’action de la profession agricole  qui n’est pas vraiment reflété dans cette restitution, je pense notamment au moyen  technique dont on dispose aujourd’hui pour l’irrigation, on travaille avec du matériel de  plus en plus performant, de plus en plus économe en eau, donc quand on nous demande  plus de sobriété en agriculture, il faut déjà constater tout le chemin qui a été parcouru et  tous les moyens que l’on met en place au quotidien pour améliorer notre gestion de la  ressource. Un deuxième élément manquant et pourtant essentiel selon moi, c’est qu’il faut  remettre l’économie dans a balance ! L’aspect économique de  l’eau est également un  des grands absents de cette concertation, il ne faut pas oublier que l’eau est un bien qui concerne de nombreux secteurs d’un point de vue économique, pas seulement  l’agriculture, mais aussi l’industrie ou l’hydroélectricité.»

 

Et après la concertation ?
Avant le début de la concertation un état des lieux et un diagnostic de territoire avait été  effectué. Après ces trois mois de consultation publique, des scénarii et des stratégies d’action vont être élaborés en fonction des tendances qui sont ressorties de la synthèse  de concertation. Enfin, de l’ensemble de ce travail découlera la rédaction d’un règlement du SAGE fixant les conditions d’application du schéma d’aménagement, s’en suivra une  enquête publique, avant la mise en œuvre concrète du SAGE. Les responsables de la  concertation publique et du SAGE rappellent que, quelle que soit l’issue et la conclusion de la concertation, l’application du Schéma d’Aménagement de Gestion des Eaux dépendra avant tout d’une volonté politique de territoire.

A.D