C’est dans la ferme d’Hélène et Sébastien Rizzola, ferme de 250 hectares, dont la moitié environ est dévolue à la culture, 60ha pour le blé et autant pour le maïs et le tournesol, le reste accueillant un élevage de 65 vaches mères que s’est rendu Arnaud Rousseau.

Lors de ces échanges, ils étaient une centaine d’agriculteurs à être venus sur le site, où ils ont pu expliquer leur mal être pour certains, leur avenir problématique voire sombre, soulevant notamment quelques points bien précis. Une délégation ariégeoise était également présente. Cette dernière était composée de Sébastien Durand, Président de la FDSEA09, Sophie Alzieu, et Marc Laborde tout deux membre du bureau de la FDSEA09.

Ils ont ainsi pu échanger sur la PAC, la MHE qui semble, loin d’être vaincue et semble se propager, le problème de l’irrigation et du stockage de l’eau, des charges pesant sur les entreprises agricoles, le GNR, les surtranspositions en France de certaines décisions européennes, l’avenir pour les jeunes…

 « Pour Arnaud Rousseau, les français ont bien compris l’importance de la souveraineté alimentaire et ils ont soutenu massivement les manifestations paysannes, notamment grâce à leur exemplarité.

Concernant les produits phytosanitaires il est inconcevable que certains soit autorisé dans d’autres pays Européen, et non en France. Les agriculteurs présents ont d’une même voix alerté le Président du syndicat national sur l’énorme perte que cela peut représenter. Par exemple sur les rendements en blé dur par rapport aux pucerons et cicadelles depuis l’interdiction du gaucho.»

Sébastien Durand, Président de la FDSEA de l’Ariège

 En ce qui concerne l’eau, on le sait l’Occitanie est en manque. De réserves particulièrement. Pour Arnaud Rousseau, «l’eau est une question cruciale. Il faut stocker plus d’eau. Ce sera un besoin pour tout le monde et l’agriculture ne peut et ne doit, en aucun cas servir à certains, de données d’ajustement. J’irai même plus loin, à l’avenir il faudra travailler sur les procédés de désalinisation. Il faudra également, concernant l’eau, mener un combat politique et environnemental contre les écologistes. On ne pourra pas éviter cette confrontation. Le combat n’est pas perdu, même si l’on peut regretter notamment l’abandon du barrage de Charlas par exemple. Pourtant les choses bougent, on avance ».

Les Français sont pour la souveraineté alimentaire mais comprennent également qu’il n’existe pas d’agriculture sans eau. Ce qui, pour Arnaud Rousseau, soulève le problème des agences de l’eau. « Il y a, à l’heure actuelle 300 projets de réserves d’eau dont les permis ont été accordés. Et pourtant ces projets sont toujours bloqués ».

Comprenne qui pourra…Oui comprenne qui pourra, d’autant que certains participants à cette rencontre se sont émus des pratiques des agents de l’OFB, Office français de la Biodiversité, au nombre d’environ 2000 et qui mènent des « missions » de police pour contrôler les usages de l’eau et des pesticides notamment.

Or ces « Green Cops » sont armés, ce qui choque profondément les agriculteurs. Quand on sait les difficultés qu’ont certaines polices municipales à l’être, on se pince…

Pour Arnaud Rousseau, ce problème de l’eau va devenir d’une actualité gravissime. « Prenez l’exemple des Pyrénées- Orientales, victimes de la sécheresse. Va-t-il falloir choisir entre l’agriculture, dont la viticulture et l’hôtellerie, autre richesse du département » ?

Autre objectifs de travail d’Arnaud Rousseau, les charges. Le GNR par exemple, ce sont 60% de taxes. C’est trop. « Attention, je ne dis pas que l’on va raser gratis mais on doit pouvoir faire mieux ».

Balle reprise au bond par un agriculteur de l’assistance qui soulignait que quand « on veut, on peut. Quand ce sont les agriculteurs, cela n’avance pas trop vite, on chipote…

Pour d’autres, comme les aiguilleurs du ciel ou les agents de la SNCF, là il n’y a plus de problème, l’argent on le trouve. »

L’Ukraine 

Autre problème évoqué, celui de l’Ukraine. Pour Arnaud Rousseau, cela est un vrai problème. L’entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne, si elle se fait, prendra du temps, peut-être une vingtaine d’années. Reste que quatre produits étaient dans la balance, les volailles, les œufs, le blé et le sucre et là nous n’avons pas eu de protection européenne.

Conséquence, pour certains produits ukrainiens, moins chers, il y a ce que l’on pourrait appeler une distorsion de concurrence. Il n’est pas rare de voir l’Espagne par exemple, au lieu d’acheter français acheter maintenant ukrainien. Si l’Ukraine rentre dans l’union européenne, qui va payer ? Cela représente un quart de la PAC…

Combatif, Arnaud Rousseau s’est voulu également réaliste et sans démagogie ni langue de bois.

«Pour tout le monde se nourrir ne doit pas être une question. Nous devons garder une capacité de production et l’autonomie alimentaire. C’est une ambition mais aussi un devoir. Pour cela, il faut avoir une vision stratégique de la production alimentaire surtout quand on regarde l’avenir avec notamment le développement du continent africain. Il faut que nos agriculteurs puissent vivre de l’agriculture… La première phase, nous avons bloqué. La seconde, phase a été celle des négociations. »

 

« Aujourd’hui, nous attendons des mesures sur l’élevage, sur les coûts de production, sur la fiscalité et le social. Sans oublier les mesures de simplification évidement. Des mesures de compétitivité sont indispensable pour la survie de la profession. Arnaud Rousseau à séduit ses interlocuteurs, regonflés à bloc pour repartir au combat ! » ajoute Sébastien Durand, Président de la FDSEA de l’Ariège

Trait d’union Paysan (31), complété par Sébastien Durand