Un mois après sa prise de fonction, le nouveau préfet a été convié mardi 26 septembre, par les syndicats FDSEA et JA de l’Ariège, à visiter deux exploitations du département. Retour sur cette journée de visites, riches en échanges.

Les syndicats FDSEA et les JA de l’Ariège ont convié Simon Bertoux a visiter plusieurs exploitations du département. Des lieux conviviaux pour pouvoir échanger sur le monde de l’agriculture d’aujourd’hui, mais aussi de demain.

Les visites ont débuté le 13 Septembre sur l’estive du Mont Rouch, au contact des éleveurs et bergers en cette fin d’été, marqué par un contexte de prédation de plus en plus compliqué.

Les rencontres se sont poursuivies le 26 septembre à Mazères chez David Pujol. Depuis plus de 25 ans, il est producteur de céréales, de légumineuses et de graines oléagineuses sur 142 ha. Il est également adhérent à la FDSEA.

Faire face à de nouveaux enjeux


M. Pujol, comme l’ensemble des exploitants, ont subi les restrictions d’irrigations. Ils ont dû revoir leur assolement et ont été, au cours de cette période, amputés de 40% de leur volume par rapport à 2022.

La pluviométrie de Mai/Juin a réalimenté les ouvrages, notamment celui du lac de Montbel, mais ce n’est pas suffisant !

Pour cela les agriculteurs, comme David Pujol, ont pris des dispositions, sur la base du volontariat, afin de diminuer les surfaces irriguées. Il a également réduit les cultures d’été, au profit des cultures d’hiver (blé dur, pois et féverole) ainsi que des surfaces en herbe.

Les élus de la chambre et les syndicats JA et FDSEA déclarent également que « les exploitants ont mis en place d’importants investissements pour optimer le système d’irrigation ». Les enjeux sont vitaux et les questions nombreuses. Comment vont se développer les exploitations dépendantes de l’irrigation ? Comment assurer la rentabilité des cultures pour pouvoir rembourser les investissements fonciers et matériels ? Comment la profession agricole peut elle faire face au manque de main-d’œuvre ?

Pour apporter des réponses à ces différentes problématiques, la souplesse des réglementations doit s’inspirer du « bon sens paysan ». Mais cela passe également, par la prise de conscience des citoyens, sur l’importance de la ressource vitale que représente l’eau. Mais aussi, sur le soutien que les citoyens peuvent apporter au monde agricole. Afin d’obtenir des résultats, il est essentiel d’établir un travail en commun entre les services de l’Etat et la profession agricole.

Se diversifier et apporter de la valeur ajoutée


Après avoir échangé sur ces sujets, l’ensemble des élus présents, les représentants de la DDT et de la DDETSPP ainsi que le préfet, se sont rendus sur les coteaux de Saverdun. Ils ont pu découvrir la ferme Sintes. Ce GAEC est géré par deux associés Alexandre et Sandrine, qui sont des céréaliers, producteurs de poulets, d’agneaux et d’œufs fermiers en vente directe sur 71ha de coteaux.

Les élus soulignent que  » l’élevage dans ces zones de coteaux reste très fragile ».

C’est pour cela que Sandrine et Alexandre ont décidé de se démarquer notamment grâce à la diversification et à la vente en direct. L’ensemble des poulets sont vendus sous divers formes (entiers, découpés et même transformés) dans les établissements scolaires, au drive fermier de Saverdun ou bien dans les restaurants.

Malgré le contexte économique difficile, ce GAEC souhaite innover notamment avec de nombreux projets. Afin de développer la vente en direct et la production de volailles, ils souhaitent mettre en place 3 cabanes pouvant accueillir des poulets supplémentaires. Ils ont également pour projet une salle d’abattage ainsi qu’une salle de transformation avec point dfe vente.

Les élus de la profession ont également interpellé les services de l’Etat sur les conséquences de la MHE (Maladie Hémorragique Epizootique) qui va fragiliser la commercialisation des ruminants au moment où la majorité des 15 000 broutards ariégeois exportés chaque année devraient être vendus.

Cette journée riche en échanges a permis au préfet de découvrir les nombreux projets de nos exploitants, leurs difficultés, mais également leur passion. Les syndicats ne manqueront pas de solliciter de nouveau M.Bertoux quand il s’agira de soutenir cette profession.


L.D