Le 20 juillet, les élus agricoles du département sont allés à la rencontre de Sylvie Feucher, préfète, et Stéphane Defos, directeur départemental des territoires, pour faire état des conséquences de la sécheresse.

Ces dernières semaines la pluie a été aux abonnées absentes en Ariège. À cela s’ajoute la chaleur qui a dépassé les 40°C ces derniers jours. Ces deux facteurs additionnés créent une forte sécheresse qui a de nombreuses conséquences pour le monde agricole.

Afin de faire remonter les inquiétudes du terrain aux services de l’État, une rencontre a été organisée le 20 juillet entre Sylvie Feucher, préfète de l’Ariège, Stéphane Defos, directeur départemental des territoires, et les élus agricoles ariégeois : Philippe Lacube, président de la chambre d’agriculture, Jean-Yves Bousquet, vice-président de la chambre d’agriculture, Rémi Toulis, président de la FDSEA, et Clémence Biard, co-présidente des Jeunes Agriculteurs.

Les cultures en péril

La première conséquence relevée par les élus concerne les cultures. « Nous sommes dans une période dramatique, souligne Rémi Toulis. La chaleur et le manque de précipitation dessèche les plantes. Même sur les parcelles irriguées, le maïs a du mal à absorber l’eau et est dans un état végétatif important. Les exploitants travaillent jour et nuit pour essayer de sauver leurs cultures mais nous sommes très inquiets quant aux résultats de nos récoltes à l’automne. Heureusement pour nous, les réserves d’eau telles que le lac de Montbel, créées par nos anciens, étaient presque pleines au début de la saison mais elles ne nous permettront pas de sauver toutes nos productions. Nous devons tout faire pour préserver cette ressource jusqu’à la fin de la saison.« 

Les prévisions météorologiques des prochaines semaines au mercure élevé ont encouragé les élus à proposer la mise en place de tours d’eau sur l’intégralité du territoire pour faire durer le plus longtemps possible les ressources à disposition des irrigants mais aussi de la population.

Prochaine campagne retardée

De plus, la préparation des terres pour les semis des cultures d’hiver et des couverts végétaux devrait commencer d’ici peu mais les sols sont trop secs pour être travaillés selon les élus.

« Nous avons donc demandé à l’administration d’être souple quant aux règlementations de la politique agricole commune (Pac, NDLR) liées aux délais pour semer les couverts mais aussi pour l’entretien des jachères et des parcelles de manière plus générale. Aujourd’hui, si nous les broyons, nous risquons de déclencher un incendie involontairement. La France fait déjà face à d’importants incendies, nous ne voulons pas en ajouter« , précise Clémence Biard.

Face à cette demande, Sylvie Feucher a assuré aux élus qu’un courrier serait transmis au Gouvernement ainsi qu’à l’Union Européenne pour la faire remonter.

De plus, ajoute Clémence Biard, il a également été demandé que les jachères soient utilisées pour l’alimentation animale.

L’élevage aussi touché

En effet, du côté des éleveurs, l’inquiétude repose autour des fourrages. « Lors de la première coupe, 40 % des rendements habituels manquaient, la seconde coupe est quasi inexistante et ne parlons pas de la troisième coupe qui ne pourra surement pas avoir lieu. Les prairies ont presque toutes grillé. Certains exploitants vont devoir entamer leur stock fourrager avant l’été. Cela va entraîner un manque de fourrage au printemps et donc des frais supplémentaires pour les exploitations qui devront se fournir ailleurs en foin et céréales« , étaye la co-présidente.

Pour les fermes les plus fragiles économiquement, ce manque de fourrage sera également synonyme de réduction du cheptel pour limiter les charges.

La chaleur est également problématique pour les animaux qui ont chaud et besoin de beaucoup d’eau pour vivre. Les éleveurs laitiers observent une perte de 20 à 25 % de leur production de lait en raison de la chaleur. Quand aux allaitants, ils ont des difficultés à maintenir l’engraissement des bêtes car elles mangent moins.

Outre dans les prairies, la situation est aussi critique en estive. « Sur certains plateaux naturellement secs, les bêtes risquent de redescendre plus tôt que prévu et nous devrons donc les nourrir grâce aux fourrages« , s’inquiète Philippe Lacube.

Aider les exploitations

Pour faire face à ces nombreuses pertes, que ce soit pour les éleveurs ou les céréaliers, les élus ont demandé à Sylvie Feucher si une aide à la trésorerie, semblable à celle proposée pour les entreprises du bâtiment, était envisageable pour les exploitations ariégeoises tels que des prêts à taux zéro.

Ces derniers ont donc proposé la mise en place rapide d’un groupe de travail qui intégrerait l’État, les professionnels mais également les comptables. Une demande acceptée par la préfète.

Lors de ce rendez-vous où l’administration s’est montrée très à l’écoute de la profession. Les élus ont également rappelé que les agriculteurs disposaient de matériels qui pourraient être utiles aux secours en cas d’incendie tels que les enrouleurs présents dans leurs parcelles.

Une proposition remerciée par Sylvie Feucher qui est semblait vivement soucieuse sur ce point.

C.L., pour FDSEA et JA09