Conscients des enjeux de la future Pac, les élus agricoles ont souhaité organiser une nouvelle rencontre avec la presse sur une exploitation en présence du sénateur et de l’une des députés de l’Ariège.

Les agriculteurs le savent, les négociations en cours pour l’élaboration du plan stratégique national (PSN) de la nouvelle Pac seront décisives pour l’avenir de leur exploitation. C’est la raison pour laquelle les élus départementaux ont poursuivi leurs actions de lobbying le 25 mars dernier sur l’exploitation de Dominique Déom, à Roquefort-les-Cascades.

De nouvelles pistes

Depuis fin février, les élus ariégeois ont eu quelques nouvelles concernant les problématiques qu’ils avaient soulevées au cours d’une précédente conférence de presse.

Le Gouvernement semble être revenu en arrière concernant le paiement redistributif. Il semblerait que l’aide s’appliquerait toujours aux 52 premiers hectares de l’exploitation,” exprime Clémence Biard, présidente des JA09, avec soulagement.

Concernant les aides couplées, la possibilité de remplacer l’aide à la vache par une aide à l’unité de gros bétail (UGB) et de l’étendre au secteur laitier a été soulevée. “Cette modification peut être envisageable bien qu’elle comporte des risques. Le premier est que cette aide serait plafonnée à 100 UGB. Le second est qu’au final sur le long terme, elle favoriserait principalement les engraisseurs mais pas les éleveurs de maigre. On risque de se retrouver avec des dizaines de bœufs sur nos territoires sans génisses et donc face à un gros problème de renouvellement des cheptels,” soulève Jacques Hato, vice-président de la FDSEA.

L’une des nouveautés de cette Pac 2023, c’est également l’Eco-Scheme. Il propose de nouvelles exigences liées à l’environnement. En effet, un certain pourcentage de l’aide de base, entre 20 et 30 %, sera suspendu puis remis aux exploitants uniquement si leur mode de production répond aux critères établis par l’Eco-Scheme.

Une mise en situation

Je ne vais pas vous le cacher, mon exploitation est une “ferme Pac”. J’ai pu m’installer en hors cadre familial et développer mon entreprise en bonne partie grâce aux aides. Si vous regardez bien autour de vous, toutes les horloges des paysans sont réglées sur le mois d’octobre. C’est à ce moment que nous calons toutes nos échéances parce que nous ne pouvons pas faire autrement,” argumente Dominique Déom.

Cet éleveur de vaches Salers est installé depuis 1992 à Roquefort-les-Cascades, puis convertit en bio en 2010. Son exploitation est composée de 189 ha dont 40 en propriété. Parmi ces 189 hectares, seuls 50 sont fauchables. Le reste est composé de parcours, de pentes, de talus ou encore de haies et reparti à divers endroits à proximité de son exploitation.

Pour une exploitation comme celle-ci, les calculs faits par la chambre d’agriculture sont simples. L’excédent brut d’exploitation (EBE) est de 48.000€ dont 20.000€ d’annuités. Si les inquiétudes concernant le PSN sont actées, l’EBE baisserait de 9.873€ si l’exploitation reste en bio et de 23.018€ si elle passe en agriculture conventionnelle.

Une réalité entendue par Jean-Jacques Michau, sénateur de l’Ariège, et par Bénédicte Taurine, députée, tous deux présents pour montrer leur soutien aux exploitants ariégeois.

C.L.