Aurélie Déjean se rend pour la première fois au SIA avec deux de ses produits phares : le savon au lait de jument et les pâtes à la farine de blé.

Depuis quand êtes-vous installée sur la commune de Verniolle ? 

Aurélie Déjean : Je me suis installée début 2016 avec mon frère. Auparavant, l’exploitation appartenait à mon père. En décembre 2013, il a lancé la création de produits de cosmétique au lait de jument. Il en a eu l’idée grâce à ma formation dans le monde du cosmétique. Nous avons donc créé un laboratoire agréé sur l’exploitation. Puis à mon arrivée en 2016, j’ai proposé à mon frère de transformer nos cultures en denrées alimentaires. Nous cultivons du blé, du maïs, du tournesol et des lentilles. Avec cela nous fabriquons de l’huile de tournesol, de la farine de maïs et de lentilles toutes deux sans gluten et de la farine de blé avec laquelle nous faisons des pâtes. Nous faisons également toute la transformation au sein de l’exploitation.

Pourquoi avez-vous souhaité vous lancer dans ce type de production ?

A.D : Après le collège, j’ai voulu travailler dans le monde agricole. J’ai fait ma seconde à Pamiers puis une fois cette année passée je n’étais plus sûre de mon choix. Je suis donc allée en voie générale et me suis dirigée vers la chimie. Je suis allée à l’université, jusqu’en master, en me spécialisant dans la bio chimie et la cosmétologie. J’ai travaillé cinq ans dans ce domaine, à Toulouse mais la vie rurale me manquait. Je me suis dis pourquoi pas reprendre l’exploitation et tenter de faire de la transformation alimentaire. J’ai donc fait un BPREA pour pouvoir m’installer et je suis arrivée en 2016. Mes compétences en cosmétologie ont inspiré mon père qui a souhaité faire des savons au lait de jument. Il a les mêmes propriétés que le lait d’ânesse cela nous semblait donc intéressant de tenter l’expérience. Le lait est donné en priorité aux poulains mais quand ils commencent à être sevrés nous le récupérons pour les savons. Les produits d’épicerie quant à eux sont un moyen pour nous de donner de la valeur ajoutée à notre production mais aussi de répondre à une demande sociétale, en particulier avec le sans gluten.

Comment s’organise la vente de vos produits ?

A.D : Nous vendons principalement en direct, sur des marchés ou directement à la ferme. Nous passons aussi par le site locavor.fr sur lequel des produits locaux de différents producteurs sont vendus sous forme de paniers. Ensuite, nos produits sont également disponibles dans différents magasins Gamm vert du département mais aussi dans des petits magasins de producteurs ou des épiceries locales.

Vous allez au salon de l’agriculture pour la première fois cette année, qu’attendez-vous de cette participation ?

A.D : Pour être franche, je n’attends rien de spécial, je n’ai pas envie d’être déçue. Pouvoir aller au SIA est une grande opportunité pour moi et je remercie le conseil départemental ainsi que la chambre d’agriculture de nous donner cette chance. Je suis contente de vivre l’expérience du SIA au moins une fois car c’est tout de même le grand rendez-vous du monde agricole. Et si cela me permet de faire connaître nos produits au grand public et de montrer ce qu’il se fait dans nos campagnes, bien qu’elles soient loin de Paris, alors ce sera que du bonus pour moi.