Les élus ariégeois ont rencontré Jean-Jacques Michau, sénateur de l’Ariège, et Sylvie Feucher, préfète de l’Ariège, pour détailler leurs inquiétudes sur l’élaboration de la future Pac.

La nouvelle Pac devait être effective en janvier de cette année. Cependant, la Commission européenne a pris du retard dans ses négociations. Elle sera donc effective au 1e janvier 2023.

À ce jour, les grandes lignes européennes ont été établies avec pour objectif la mise en place d’une Pac plus verte. C’est maintenant au tour des États membres de rédiger leur plan stratégique national (PSN). La première version du PSN en France doit être diffusée en avril 2021.

Pour cette nouvelle Pac, l’Europe a laissé beaucoup de liberté à chaque pays pour la rédaction de son PSN. Cette autonomie est à double tranchant. Lorsque l’on étudie les grandes lignes européennes, la Pac est favorable au mode de production ariégeois mais tout peut changer avec le PSN,” explique Philippe Lacube, président de la chambre d’agriculture de l’Ariège.

En effet, si l’on en croit les discussions tenues au ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, certaines mesures pourraient fortement impacter la ferme Ariège, qu’elles soient dans le premier ou le second pilier.

Faire remonter les inquiétudes

Face à ces nombreuses inquiétudes qui impacteraient de plein fouet les exploitations du département, les élus ariégeois sont allés à la rencontre de Sylvie Feucher, préfète de l’Ariège, le 17 février dernier. Cette dernière était accompagnée de Stéphane Defos, directeur de la direction départementale des territoires (DDT) et de Anne Chêne, cheffe du service économie agricole de la DDT.

Cette rencontre fût l’occasion pour les élus d’expliquer toutes ces problématiques à une préfète qui selon eux était très ouverte et à l’écoute.

Elle a pris énormément de notes, nous a posé des questions pour que l’on clarifie certains points et a montré une réelle préoccupation pour l’avenir de la ferme Ariège,” ont-ils exprimé d’une seule voix.

Le seul sujet sur lequel elle a émis quelques réserves est celui de la technologie LiDAR HD. En effet, elle a elle-même utilisé cette technologie pour la création d’une carte de gestion des risques sur le territoire où elle était préfète avant d’arriver en Ariège, Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

Je connais bien ce système et j’en connais aussi les limites. Mais j’ai espoir qu’elles évoluent dans le bon sens d’ici 2023,” a-t-elle précisé.

Sylvie Feucher a proposé son aide aux agriculteurs ariégeois. Ainsi, ils ont convenu ensemble qu’elle adresserait un courrier au ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie, afin de faire remonter leurs inquiétudes et d’appuyer la demande de rendez-vous des représentants des massifs français.

Prise de conscience au Parlement

Une rencontre a également été organisée avec Jean-Jacques Michau, sénateur de l’Ariège, le 12 février dernier. Une fois encore, les élus ont présenté leurs inquiétudes. Jean-Jacques Michau s’est montré à l’écoute et réceptif. Ensemble, ils ont réfléchi à comment le sénateur pourrait aider les agriculteurs ariégeois car le PSN ne sera pas validé par un projet de loi.

Ainsi, il a proposé de créer un groupe avec les sénateurs des autres départements impactés par ces possibles nouvelles mesures mais également d’appuyer une demande de rencontre au Sénat des élus des massifs.

Suite à cette rencontre, Philippe Lacube a reçu, le 22 février au soir, un appel du Sénat lui proposant d’organiser une audition à la commission économique afin de défendre leurs revendications.

À cela s’ajoute la publication d’une tribune intitulée “Pour une politique agricole commune juste, au service des productions durables et de nos territoires de montagne” proposée par André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme et cosignée par une cinquantaine de députés et de sénateurs, de tous partis confondus, le 17 février dernier. Bénédicte Taurine, députée de l’Ariège, fait partie de ces signataires.

Les élus ariégeois se disent reconnaissant de l’accueil fait par les parlementaires et la préfète de l’Ariège quant à leurs inquiétudes. Cependant, ils tiennent à rappeler qu’à ce jour rien n’est gagné et il faut rester très prudent et suivre la rédaction de ce PSN de très près.

Quand on cumule la possible baisse des aides couplées, les risques d’exclusion de surfaces pastorales par la méthode LiDAR, la remise en question des aides aux premiers hectares, les nouvelles obligations d’assolement et la réduction potentielle de l’ICHN, l’inquiétude est grande pour les responsables professionnels agricoles du département. Aussi, leur engagement est total pour inverser cette tendance.

C.L.