Mercredi 10 janvier les acteurs de la profession agricole (CA09, FDSEA09, JA09) et les représentants de l’État (député, sénateur, CD09, maires) étaient réunis à Gajan. Sous l’impulsion de la FDSEA de l’Ariège et de la FDSEA du canton du Couserans, les agriculteurs ont souhaité rencontrer les élus politiques et les acteurs clés du secteur agricole afin de discuter des problématiques rencontrées en cette fin d’année 2023.

Un portrait des difficultés auxquelles font face les agriculteurs ariégeois a été dressé au travers des problématiques soulevées : la Maladie Hémorragique Épizootique (MHE), les retards de paiements de la PAC, les frais de fonctionnement de plus en plus élevés et l’exigence de la réglementation.
Aujourd’hui, l’agriculture fait face à plusieurs crises : économique, sociale et sanitaire.
Les représentants de la profession ont rappelé qu’il ne fallait pas perdre de vue que la France est un pays de tradition agricole, pourtant aujourd’hui, un fossé se creuse entre les agriculteurs et les citoyens. Beaucoup vivent avec l’impression que le monde agricole n’existe pas ou qu’on ne veut plus le voir.
On assiste à un déficit d’image et de reconnaissance des agriculteurs : agri bashing et caricature de l’agriculteur pollueur. On en oublie même le rôle essentiel que jouent ces derniers : ils nous font manger.
Or si le pays est exigeant envers ses agriculteurs il faut qu’en retour les institutions reconnaissent cette exigence et le travail requis pour y arriver. Pourtant, la vente de produits ne rapporte plus assez et les agriculteurs ont de plus en plus de mal à vivre de leur travail.
Aux difficultés sociétales s’ajoutent une réglementation abusive sur l’utilisation des produits phytosanitaires, mais aussi concernant l’abreuvement des troupeaux dans les cours d’eau…

MHE : les conséquences économiques de cette maladie sont importantes (des frais vétérinaires élevés,…). En France 3700 foyers ont été détectés dans 20 départements dont 250 en Ariège. Dans le Couserans, 80% des élevages ont été touchés, l’impact sur l’élevage ariégeois est estimé à 6 millions d’euros.
Cette maladie a stoppé le commerce dans toute une partie de la France puisque la détection de foyers de MHE a entraîné des mesures de lutte et de prévention spécifiques dans un rayon de 150 km autour de ces derniers.
Pour l’instant, on assiste à une accalmie hivernale sans savoir quelles seront les suites au printemps. De plus, les conséquences de cette maladie sur le long terme restent encore inconnues.
PAC : des retards de paiement sont encore constatés pour les jeunes agriculteurs, les nouveaux installés et nouveaux demandeurs de paiement notamment sur les soldes des Droits à Paiements de Base (DPB) et pour l’éco-régime ce qui n’aident pas les trésoreries déjà bien mises à mal. C’est une situation intenable pour certains qui sont toujours en attente.
Prédation : la prédation ursine constitue un sujet important à l’échelle du département, à laquelle s’ajoute l’arrivée du loup. Le département ariégeois est le seul à l’échelle nationale à se battre au sujet des problématiques liées à la trop grande présence de l’ours. Si les estives deviennent trop dangereuses pour les troupeaux, c’est toute l’économie ariégeoise qui risque d’en pâtir même le tourisme.

GNR : le gouvernement a annoncé une diminution de la détaxe du GNR (2,85 €/L par an de 2024 à 2030), et une diminution du remboursement de la TIC(PE). Pourtant il n’existe toujours pas de solution plus écologique que celle-ci.
Pour conclure, les représentants de la profession agricole ont rappelé qu’il était important de rester uni face aux difficultés, et qu’il ne fallait pas perdre de vue que « partout ça va mal ».

C.G