Délégation ariégeoise à Toulouse

Ce mercredi 16 janvier, en réponse à un appel à manifestation régionale de la FRSEA et des Jeunes Agriculteurs d’Occitanie, les syndicats ariégeois ont répondu présent.

Le matin même à 8h, plus de cinquante tracteurs ariègeois ont pris la route, pour rejoindre la capitale régionale. La majorité du cortège a emprunté l’autoroute à partir de Mazères ou de Capens, pour être ensuite rejoint par la délégation Audoise à Nailloux, avant d’arriver sur les Allées Jean Jaurès qui se sont transformées en allée d’exposition d’engin agricole pour la journée.

 

Âpres négociations entre les syndicats et l’Etat

De midi à 14h, alors que la Place du Capitole est pleine de drapeaux verts et rouges, une délégation de 8 élus régionaux rencontre les représentants de l’Etat.

D’un côté, les syndicats : Romain Deloustal (JA) Jean-Baptiste Gibert (JA), Xavier Duffau (JA), Aude Geiger (JA), Philippe Jougla (FRSEA) Sophie Alzieu (FRSEA), Jean-Pierre Alaux (FRSEA) Frédéric Rouanet (Syndicat des vignerons) ;

De l’autre les représentants d’instances de l’Etat : la DRAAF, la DREAL, la Préfecture de région, l’Agence de l’eau

Philippe Jougla, Président de la FRSEA Occitanie et Romain Deloustal, Président des Jeunes Agriculteurs d’Occitanie prennent le micro sur la place du Capitole pour faire le rapport des deux heures d’échanges.

Philippe Jougla, entame son discours, en remerciant chacun des agriculteurs présents pour leur soutien et leur mobilisation « Ce qui se passe ici, à Toulouse aujourd’hui, c’est historique. Remplir le Capitole de paysans, on ne l’avait jamais fait, alors je vous félicite déjà pour ça ! »

  • La MHE

Concernant la MHE, la profession à fait plusieurs demandes auprès du Préfet de région : accompagnement dans les répercussions de la maladie sur le long terme, débloquer des fonds d’aides… Ce dernier n’a fait qu’entendre les demandes portées, en remettant la faute sur la lenteur de l’Etat.

Philippe Jougla précise « Bien que la crise de la MHE soit une question nationale, les régions touchées par la maladie, comme l’Occitanie, ont besoin de réponses rapides, et de solutions adaptées. Nous sommes le 16 janvier. Si le 23 janvier, le ministre n’a pas apporté de réponses à la profession, nous serons obligés de monter sérieusement le ton ! »

  • La directive nitrate

Les discussions sont encore en cours pour le prochain plan nitrate, de ce fait la directive ne sera appliquée qu’à partir du 1er septembre 2024, ce qui est une bonne nouvelle pour les agriculteurs concernés.

A ce sujet la délégation a également demandé une dérogation concernant l’obligation d’implantation de couverts végétaux en zone vulnérable pour tous les agriculteurs. Aujourd’hui cette dérogation n’est valable que pour les producteurs bio et HVE.

Les représentants de l’Etat se déchargent encore de toutes responsabilités en pointant du doigt les défauts de mise au point des techniques des contrôles. Réponse difficilement entendable pour une profession sans cesse sous la pression des contrôles.

  • L’eau

Les syndicats de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs sont sur le dossier depuis l’automne. Philippe Jougla précise « Nous avons fait inscrire dans les arrêtés préfectoraux des volumes attribués à l’irrigation dans le but de retrouver un équilibre sur le plan de la ressource en eau. De plus nous avons obtenu la possibilité d’augmenter ces volumes de 10% en cas de sécheresse. Ces négociations sont essentielles pour nous permettre de traverser des années comme 2022 »

En guise de clôture de son intervention, Philippe Jougla fait le constat de la déception : « C’est insuffisant, nous sommes d’accord, mais d’ici le salon de l’Agriculture, passage obligé des politiques, nous resterons mobilisés, c’est en nous battant que nous réussirons à faire bouger les choses ! »

Malgré un ton qui se veut positif et fédérateur, la déception et la colère se sont largement fait ressentir dans l’assemblée réunie sur la place du Capitole.

Un Jeune Agriculteur de la Haute Garonne reprend d’ailleurs le micro pour témoigner directement de son cas et de son ras-le-bol en appelant tous les agriculteurs de la région à bloquer les autoroutes dès jeudi prochain, « avec ou sans l’accord des autorités » précise-t-il !

Un mot des syndicats Ariégeois

Sébastien Durand, Vice-Président de la FDSEA de l’Ariège (+photo)

« Les actions à l’échelle régionale sont la première étape du rouage, les agriculteurs présents aujourd’hui sont le moteur des changements à venir et malgré la déception liée à la rencontre sans annonces, ni réponses de la part de l’Etat, il ne faut pas se décourager, au contraire c’est en maintenant la pression que nous prouverons la force de la profession. C’est le moment ou jamais de montrer à l’Etat que l’on est unis, et de lui prouver que l’agriculture est une véritable force dans notre pays.»

Kévin Audouy co-président des Jeunes Agriculteurs de l’Ariège (+ photo)

« Pour le retour du cortège de tracteurs en Ariège, nous avons pris l’initiative de faire une opération escargot sur l’autoroute. C’est notre façon de manifester notre déception suite à cette journée, bien que ça ait été une belle mobilisation, les annonces, qui n’en sont pas, ne peuvent que faire monter la colère dans notre profession qui se sent déjà suffisamment incomprise et stigmatisée. Enfin c’est bien évidement une manière de dire que nous restons mobilisés et que nous ne sommes pas près de nous laisser marcher sur les pieds ! »

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