FDC09 : Comment avez-vous découvert la chasse ?

Alexis Cabanié : mon grand-père et mon père m’ont transmis le gout de la chasse. Je chasse sur le territoire de l’AICA des 3 vallées qui regroupe les ACCA de Ventenac, Calzan, Arvigna et Gudas. Mon père, Franck Cabanié, est Président de l’ACCA de Ventenac. Je chasse exclusivement le grand gibier. J’ai des griffons bleus et je suis piqueur. J’apprécie beaucoup cette activité qui me permet d’être en contact avec la nature.

 

FDC09 : Parlez-nous de votre exploitation

Alexis Cabanié : Je suis installé avec ma mère en GAEC depuis 2017. J’ai repris l’exploitation familiale à la suite de mon père. Nous disposons de 150 hectares sur deux sites à Ventenac et Coussa. Sur l’exploitation de Ventenac je m’occupe de l’élevage bovin viande avec 40 mères de race limousine. Sur Coussa, ma mère élève des brebis tarasconnaises (160 mères). Toutes les brebis et quelques vaches montent en estive à Orlu. Nous sommes en quasi autonomie pour le fourrage. Nous produisons des céréales pour l’engraissement de nos animaux et un peu de maïs semence sur Coussa. Nous engraissons les vaches et les brebis de réforme que nous commercialisons en circuit court. Les veaux et les agneaux sont vendus à des négociants.

 

FDC09 : Comment faites-vous pour concilier vos deux activités ?

Alexis Cabanié : Je privilégie toujours le travail sur l’exploitation et je commence la journée en soignant les vaches. J’arrive toujours à me dégager du temps pour aller à la chasse les mercredis et les week-ends.

 

FDC09 : Vous êtes chasseur et agriculteur, comment se passe la cohabitation avec la faune sauvage ?

Alexis Cabanié : Nous avons pas mal de dégâts de sangliers sur les cultures de semences au stade du semis (avril et mai). C’est une période critique au cours de laquelle seules les battues administratives peuvent apporter une solution. Pendant la période de chasse, nous ciblons les zones les plus exposées aux dégâts. A ce titre, le fait d’être 4 agriculteurs au sein de l’AICA est un atout.

J’ai une inquiétude quant à l’augmentation constante de la population de grands cervidés sur notre territoire. Les cerfs et les biches, parfois présents en groupe, consomment de l’herbe, de la luzerne et dégradent les clôtures, malgré l’augmentation régulière du plan de chasse. Le plan de chasse que nous réalisons complètement est de 39 grands cervidés pour la saison en cours.

 

FDC09 : Comment voyez-vous l’évolution de votre activité économique et de votre passion la chasse ?

Alexis Cabanié : Nous prévoyons d’augmenter le cheptel ovin pour passer à 200, voire 220 brebis.

Pour ce qui est de la chasse, je regrette qu’il n’y ait pas plus de jeunes dans notre équipe. En effet, nous ne sommes que 4 à avoir moins de 30 ans sur un total de 25 chasseurs. L’arrivée de nouveaux chasseurs permettra d’assurer le renouvellement de nos effectifs.