Les syndicats FDSEA et JA ont convié la préfète de l’Ariège et les services de la DDT à une visite de terrain pour constater les dommages causés par les inondations du 10 janvier.

Dès l’observation de dégâts considérables dus aux intempéries du 10 janvier, la FDSEA et la chambre d’agriculture ont sollicité Sylvie Feucher, préfète de l’Ariège pour une visite de terrain.

Ainsi, mercredi 19 janvier, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de l’Ariège l’ont reçue accompagnée de Stéphane Defos, directeur départemental des territoires (DDT), Anne Chêne, cheffe du service économie agricole et Olivier Jullin, technicien eau à la DDT, sur la commune de Lapenne afin de l’alerter sur les dégâts agricoles causés par les inondations du lundi 10 janvier.

Pour l’occasion, de nombreux élus et professionnels étaient présents : maires, élus de la chambre d’agriculture, élus de communautés de communes, élus du conseil départemental et représentants du syndicat du bassin du Grand Hers. […]

Travail détruit

Sébastien Durand, propriétaire de la parcelle visitée à Lapenne et secrétaire général de la FDSEA, a ensuite poursuivi en précisant qu’une visite de terrain avait déjà été réalisée avec Stéphane Defos en janvier 2020. “Cette visite a eu lieu il y a deux ans presque jour pour jour. Aujourd’hui, les dégâts sont trois fois plus importants. Sur 20 hectares, six ne sont plus exploitables.

De nombreuses exploitations ont en effet déjà subi des pertes en 2020 lors des précédentes inondations. Les notions d’endiguement et de curage de cours d’eau ont fait monter la pression des personnes présentes.

En effet Sébastien Durant l’explique : “Suite aux intempéries de janvier 2020, j’avais fait les travaux nécessaires pour nettoyer le terrain et remettre les digues en place, à la même hauteur qu’elles étaient depuis plus de trente ans. Après avoir investi une somme considérable dans cet aménagement, les services de l’État m’ont demandé de défaire le travail réalisé afin de répondre à la législation. Deux ans plus tard, ma parcelle est de nouveau impactée”. […]

Riverains inquiets

À Saint-Félix-de-Tournegat, le hameau “Les Seigneuries” a été coupé du monde pendant 24 heures à cause des inondations. “Sur quatorze familles, trois ont déposé leur préavis. Parmi eux, deux avaient déjà subi des inondations en 2020, ce n’est pas vivable pour eux mais c’est aussi le meilleur moyen d’éloigner les riverains des campagnes”, argumente Sébastien Durand.

Après avoir échangé longuement sur la parcelle de Lapenne, les élus syndicaux ont proposé à Sylvie Feucher de se rendre à Vals, sur des terres d’Alexandra et Jean-Michel Sonnac.

Tous impactés

Déjà en chemin, les dégâts des inondations étaient visibles : routes complètement dégoudronnées, câbles électriques coupés, troncs d’arbres dans les champs… […]

Puis, une fois face à la parcelle, Sylvie Feucher a pu constater l’ampleur des dégâts. Au total, plus de 7.000m² sont inexploitables.

Il y a plusieurs années de cela, nous avons signalé que la digue était fissurée. Nous avions demandé à ce qu’elle soit sécurisée, demande qui nous a été refusée. En 2020, elle a complètement cédé et déjà Stéphane Defos était venu. Aujourd’hui, la digue est inexistante et la parcelle est grapillée par l’eau et la terre qui s’est effondrée. Il y a moins de deux mètres entre le nid de l’Hers et les terres. À la fonte des neiges, vous pouvez être sûre que nous serons de nouveau inondés”, présente Jean-Michel Sonnac à Sylvie Feucher.

L’exploitant et sa femme ont également tenu à souligner que les riverains avaient également été mis en danger suite à cette inondation. “La priorité humaine ici est évidente, il va falloir faire quelque chose assez vite”, précise Emmanuel Fabre, maire de Vals.

Une étude considérable

Selon les représentants du syndicat du bassin du grand Hers, présents pour l’occasion, une étude globale est à réaliser sur au moins une vingtaine de kilomètres, de Rieucros à Gaudiès car depuis deux ans, les inondations sont surtout observées sur ce secteur, ainsi que le long du Douctouyre qui intègrerait le périmètre de cette étude.

L’objectif de cette étude serait d’étudier des zones préférentielles de débordement, des parcelles où une inondation ne causerait pas autant de dégâts. Cette dernière permettrait également de lister les travaux à réaliser en lien avec la profondeur du lit le l’Hers qui est monté d’au moins un mètre ces dernières années en raison du gravier.

Suite à ces échanges, Sylvie Feucher a proposé aux élus et exploitants présents de remettre en place le comité de pilotage sur les cours d’eau créé il y a quelques années mais aussi de convier l’agence de l’eau, les professionnels, l’OFB, le conseil départemental et le syndicat du bassin du grand Hers à une réunion afin de trouver des solutions sur le moyen terme. […]

Les syndicats majoritaires ont pu remarquer un intérêt évident de Sylvie Feucher sur les dégâts considérables. Ils comptent vivement sur l’organisation de la réunion promise par l’État. Ces visites ont également permis d’obtenir une ouverture de dossiers “calamités agricoles” et une commission exceptionnelle catastrophe naturelle pour l’instruction des demandes des communes sinistrées.

C.L. pour FDSEA et JA09