La préfète de l’Ariège à déclenché le protocole ours à problème le 16 juillet dernier sur l’estive du col d’Escots à Ustou.

Depuis le début de la saison, les attaques d’ours se succèdent dans le département et en particulier sur les estives du Couserans.

L’estive du col d’Escots à Ustou a connu une nuit des plus compliquée du 15 au 16 juillet. En effet, au total quatre ours – une femelle, deux petits et un mâle – ont été observés à proximité du troupeau durant ces deux jours.

L’ourse femelle est apparue la première accompagnée d’oursons non loin du troupeau de brebis que la bergère de l’estive rassemblait en prévision de la nuit. Effrayée, cette dernière s’est réfugiée pour ne pas être aperçue par l’ursidé.

Cette estive, où l’effarouchement renforcé a été déclenché le 6 juillet par la préfète de l’Ariège, Chantal Mauchet, était sous la surveillance des agents de l’office français de la biodiversité (OFB) depuis le 13 juillet après une première semaine de surveillance du 6 au 10 juillet.

La bergère a informé les agents de la présence de l’ursidé dès leur arrivée. La météo, capricieuse cette nuit-là, n’a pas aidé les effaroucheurs dans leurs fonctions. En effet, le brouillard était très présent. Cependant, les agents ont procédé à plusieurs tirs d’effarouchement au cours de la nuit face à l’agitation du troupeau mais aussi car ils ont vu un ours mâle s’approcher des brebis à plusieurs reprise.

“Ours à problème”

Dès qu’elle a été informée de la situation, Chantal Mauchet a décidé de déclencher le protocole “ours à problème” sur l’estive d’Escots.
Un protocole visant à analyser le comportement des ursidés et à observer leurs activités dans un secteur définit pour, par la suite, mettre en place diverses mesures graduées. Dans un premier niveau, les agents de l’OFB procèdent à un effarouchement très renforcé de l’animal.

Si ce premier niveau ne montre pas son efficacité, l’animal est capturé pour être équipé d’un système GPS afin de suivre ses déplacements. Enfin, le dernier niveau de ce protocole consiste à l’élimination de l’animal et son remplacement en cas d’échec des précédents niveaux.

Suite à la nuit du 15 au 16 juillet, l’OFB a entamé une première phase d’observation et de constatation. Il a ainsi échangé avec les éleveurs dont les brebis sont sur place, avec la bergère et les effaroucheurs présents cette nuit-là.

Cette expertise rapide a été actualisée les jours suivants afin de voir si les ours aperçus étaient revenus sur l’estive ou si d’autres attaques avaient été déclarées.
Nous n’avons pas observé la présence d’un ours au comportement anormal, c’est-à-dire qui serait trop familier avec les humains, agressif ou anormalement prédateur, sur l’estive du col d’Escots. Cela ne veut pour autant pas dire qu’il n’y a pas de problème sur celle-ci”, développe Hervé Bluhm, directeur régional de l’OFB.

Des renforts sur place

Cependant, conscients des risques pour la bergère en poste et de la fréquence des prédations au col d’Escots, l’État a tout de même décidé de renforcer la protection sur cette estive.
Un second berger sera présent de façon permanente sur l’estive, un troisième viendra en appui pour la nuit. La brigade grands prédateurs terrestres sera également présente fréquemment pour assurer les effarouchements”, développe Chantal Mauchet.

Ces informations ont été révélées à la profession, représentée par Philippe Lacube, président de la chambre d’agriculture, et Alain Servat, président de la fédération pastorale et maire d’Ustou, au cours d’une réunion le 23 juillet dernier. Mécontents de ces réponses qui selon eux ne résoudront pas le problème de l’ours, les deux élus ont quitté la réunion.

Christine Téqui, présidente du conseil départemental de l’Ariège, a de son côté publié un communiqué exposant son mécontentement. “Le jour où un drame humain interviendra, quels seront les commentaires qui l’accueilleront ? Dans les Pyrénées, aujourd’hui comme par le passé, la présence des ours est un problème. C’est la réalité.L’État peut refuser de la voir, refuser de rencontrer les élus locaux avec la profession agricole pour ne pas l’entendre. Mais lorsque la situation va encore empirer, qui sera responsable ? Tout le monde car il n’y aura pas de vainqueur au moment de déplorer un drame”, a-t-elle déclaré.

Au 24 juillet, cinq estives bénéficiaient de l’effarouchement renforcé : le Col d’Escots, Turguilla, le Laquet, le Trapech et Arreou.

C.L.