Une délégation d’élus de la Section des Anciens Exploitants de l’Ariège a rencontré Simon Bertoux, préfet de l’Ariège, ce lundi 22 janvier en présence de Stéphane Defos, directeur départemental des territoires, et Claire Blanc, cheffe adjointe du service économie agricole.

A l’automne 2023, le préfet Simon Bertoux avait reçu les élus des syndicats majoritaires. Des échanges qui avaient permis d’aborder l’irrigation et le gros gibier, ainsi que d’alerter les services de la Préfecture sur l’impact de la MHE dans le département. En ce début d’année 2024, la Section des Anciens Exploitants de l’Ariège a porté au préfet d’autres revendications, notamment sur la retraite des agriculteurs.

Le président de la SDAE Pierre Saint-Germès a commencé cette rencontre par rappeler le soutien indéfectible des anciens exploitants aux revendications et mobilisations portées par leurs collègues actifs à la FDSEA et aux Jeunes Agriculteurs.

Retraites : indexation sur la moyenne nationale aux alentours de 1400 €

M.Saint-Germès a rappelé les avancées réclamées en 2021 pour une revalorisation des retraites à 85% du SMIC. Ceci a été obtenu puisque les chefs d’exploitations bénéficient aujourd’hui d’une retraite calculée sur les 85% du SMAG (salaire minimum agricole garanti) à carrière complète. En effet, la réforme des retraites de 2023 a permis d’arriver à une pension minimale à 85% du SMIC (1200 €). Il a également présenté une proposition de calcul d’indexation de toutes les retraites de façon forfaitaire calculée sur la moyenne nationale de celles-ci, qui se situe à environ 1400€ par mois. Cette proposition est reprise et défendue par la SRAE Occitanie et soutenue auprès du réseau FNSEA.

« Alors que l’écart entre richesse au sein de la population retraitée s’accroit, nous pourrions contrer cela par une augmentation forfaitaire, à un pourcentage encore indéterminé appliquée sur la moyenne nationale fixée à 1400€ », explique M. Saint-Germès. Cette mesure, reprise par la Section Régionale des Anciens Exploitants de l’Occitanie, est soutenue par les retraités du réseau FNSEA. Le président de la SDAE a ajouté avoir déjà rencontré les parlementaires ariégeois qui ont été friands de cette proposition.

Réversion des retraites : suppression du plafonnement

Michel Vidal et Jean-Claude Bardou ont pris la parole pour évoquer la situation des veufs et veuves, dans le cadre des réversions de pensions de retraite. En effet, la retraite de réversion est égale à 54 % de la retraite perçue par un conjoint décédé mais peut être réduite en fonction des ressources. De plus, cette pension de réversion est plafonnée à un montant mensuel de 989,82 euros (soit 11 874,84 euros par an en 2023). Les anciens exploitants de l’Ariège, soutenus par la  SRAE d’Occitanie, demandent la suppression de ce plafond.

Suppression du salaire minimum agricole garanti (SMAG)

M.Vidal et M. Bardou ont également évoqué le salaire minimum agricole garanti. Le SMAG était le taux horaire minimum auquel devaient être payés les salariés agricoles en France à partir de 1950. Aujourd’hui le SMAG est peu utilisé par les exploitants, qui rémunèrent pour 90% d’entre eux leurs salariés au SMIC. Notablement inférieur avec une différence de l’ordre de 60 à 70€ et ainsi peu avantageux pour le calcul de la retraite de base, les anciens exploitants de l’Ariège demandent la suppression de ce salaire minimum garanti.

Renouvellement des générations en agriculture

Pierre Saint-Germès a rappelé que d’ici 10 ans, 50% des exploitants auront pris leur retraite ou seront en âge de la prendre. Aujourd’hui de nombreuses exploitations ne sont pas reprises par les jeunes actifs.

On constate cependant un taux de renouvellement de 120% des actifs agricoles dans notre département. De nouvelles exploitations se créent et des nouvelles filières se développent. A noter que la moitié des nouveaux installés en Ariège sont en hors cadre familial. Le travail déjà engagé autour de la transmission et de l’installation porte ses fruits et doit être poursuivi pour que les exploitations restent transmissibles.

Pour conclure, les Anciens Exploitants de l’Ariège insistent sur l’impasse de la situation actuelle et le véritable malaise agricole qui se fait jour dans toute l’Europe.

V.B