Le mois dernier a eu lieu deux instances annuelles au sein du réseau FNSEA : l’AG de la FRSEA et le Congrès FNSEA, auxquels à chaque fois une délégation ariégeoise a participé.

C’est la FRSEA qui a ouvert le bal le 19 mars dans l’Hérault puis s’en est suivi la FNSEA du 26 au 28 mars à Dunkerque. Comme habituellement, pour chacune de ces instances, les rapports d’activité et financier ont été présentés. Cette année, un long moment d’échange a eu lieu ensuite afin de faire le point sur les mesures gouvernementales obtenues à la suite des fortes mobilisations que nous avons ont réalisé cet hiver. Sébastien Durand, président de la FDSEA 09, a rappelé à l’AG de la FRSEA que « le compte n’y était pas encore concernant la gestion de la ressource en eau, il faut des véritables mesures, car nos exploitations sont en danger. » Les membres des bureaux se sont montrés à l’écoute et entendent bien à ce que le plus grand nombre de nos demandes aboutissent, sans quoi ils nous appelleront à se mobiliser à nouveau.

Une partie du congrès FNSEA a également porté sur les élections Chambre d’Agriculture de janvier 2025, une échéance qui sera au cœur de nos actions syndicales cette année.

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78ème CONGRÈS DE LA FNSEA : « IL FAUT ARRÊTER DE PERDRE DU TEMPS »

Dans son discours de clôture du Congrès, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a regretté les atermoiements de l’exécutif et appelé le président de la République, Emmanuel Macron à donner, « sans plus attendre », sa vision pour l’agriculture. « Le président de la République semble hésiter à prendre rendez-vous, celui qu’il nous avait promis au Salon de l’agriculture, en estimant que la situation n’était pas mûre. Nous sommes mûrs pour lui porter notre vision stratégique de l’agriculture », a lancé Arnaud Rousseau, devant 1000 congressistes réunis à Dunkerque le 28 mars, à l’occasion du 78e congrès de la FNSEA. C’est d’une manière posée mais ferme qu’il a égratigné les temporisations de l’exécutif. Peut-être la situation pourrait-elle changer avec l’arrivée d’Agnès Pannier-Runacher comme ministre déléguée à l’Agriculture : « Avec deux ministres, allons deux fois plus vite pour deux fois plus de résultats », a-t-il ironisé. Le président de la FNSEA a demandé au ministre, Marc Fesneau, de « reprendre son administration en main » car « Il n’est pas admissible qu’il se passe un mois entre une décision ministérielle et la diffusion de l’instruction aux échelons administratifs territoriaux ».

 

« Il faut maintenant cesser de perdre du temps en nous imposant des gesticulations théâtrales, la politique n’est pas un spectacle », a pointé Arnaud Rousseau. Dans son spectre, la conférence de presse du Premier ministre, Gabriel Attal, à Montastruc-de-Salies (Haute-Garonne) qui s’était mis en scène autour de bottes de pailles. « Ce n’est pas sérieux », a-t-il dit, soulignant que « rarement, de mémoire de syndicaliste, autant de sujets ont été ouverts aussi vite » à l’issue de manifestations agricoles. La colère qui s’est exprimée a en effet permis de faire avancer certains dossiers.

Le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, a tenté de rassurer les congressistes de la FNSEA sur ses intentions, assurant connaître « les lourdeurs et les difficultés, les lenteurs et parfois même, disons-le, les réticences qu’il peut y avoir à faire vraiment bouger les choses. Je sais le sentiment que vous avez que le ‘dire’ ne produit pas le ‘faire’ », a-t-il dit. Déclinant les avancées de ses services sur certaines urgences (GNR, maladie hémorragique épizootique-MHE, inondations…), il a garanti que le dispositif Travail occasionnel-demandeur d’emploi (TODE) serait reconduit cette année et pérennisé. De même le réseau des fermes de référence pour l’assurance récolte sera « opérationnel en 2025 », a-t-il promis. Marc Fesneau a également confirmé que la retraite calculée sur les 25 meilleures années serait appliquée à partir du 1er janvier 2026 : « J’en ai reçu l’assurance du Premier ministre et du président de la République ». Sur le projet de loi d’orientation agricole, il a précisé que l’agriculture serait reconnue d’intérêt général majeur, que le régime de la haie y était intégré, de même qu’un volet sur l’accélération des contentieux sur l’eau et les bâtiments d’élevage ou la question « des sanctions pour les atteintes à l’environnement ». Une chose est certaine : la FNSEA n’entend « ni marcher sur la tête ni se laisser marcher sur les pieds », a prévenu Arnaud Rousseau.

Communiqué de presse de la FNSEA