La chambre d’agriculture a organisé ses vœux à la presse le 18 janvier, l’occasion pour la présidence et la direction de l’établissement consulaire de présenter leurs projets pour l’année à venir.

La transition agroécologique

Le président de la chambre d’agriculture de l’Ariège, Philippe Lacube, a entamé la présentation des projets de l’établissement consulaire autour d’un premier axe de travail : la réussite de la transition agroécologique des systèmes de production ariégeois.

La chambre est située entre le marteau et l’enclume. Nous avons d’un côté la société et les élus qui souhaitent que cette transition soit rapide et de l’autre la réalité des agriculteurs qui demandent à ce que ces transitions soient viables pour leurs exploitations”, a présenté l’élu.

L’une des thématiques abordée le plus longuement a été celle de l’eau. En effet, la chambre d’agriculture a entamé en 2021 une étude des retenues collinaires dans le département avec le soutien du bassin Adour-Garonne. Au total, près de 120 retenues et barrages ont été recensés sur le territoire. Ensemble, elles représentent la capacité de stockage du lac de Montbel.

Étude des retenues
L’objectif de cette étude est de voir comment ces retenues peuvent être valorisées sachant que la plupart sont privées et appartiennent aux exploitants du département. “Certaines sont exploitées et d’autres pas du tout. L’idée pour nous est de voir avec les agriculteurs propriétaires s’ils accepteraient, pour ceux qui ne les utilisent pas de partager leurs ressources afin de soutenir l’irrigation mais aussi l’étiage des rivières attenantes”, explique Jean-Yves Bousquet, vice-président de la chambre.

Nous sommes dans un contexte social où la création de ressource est compliquée, avant de demander à créer de nouvelles retenues, nous devons prouver que les ressources existantes sont optimisées, ajoute Emmanuel Lecomte, directeur général de l’établissement. Chaque année, les précipitations représentent 90 milliards de m3 d’eau sur le bassin Adour-Garonne, seuls neuf milliards sont stockés. Pour autant, l’agence de l’eau estime le déficit en eau du bassin à un milliard de m3 d’ici 30 ans.

Cette étude devrait pouvoir présenter ses premiers résultats fin 2022.

Énergies renouvelables
D’un point de vue de la transition agroécologique, la question des énergies renouvelables a été abordée et notamment celle du photovoltaïque au sol et de l’agrivoltaïsme. Foncièrement opposée, la chambre d’agriculture tend à revoir sa copie sous certaines conditions. “Nous avons deux critères importants sur ce sujet : qu’il y ait une réelle activité agricole de mise en place et que la plus-value de cette production revienne au territoire”, précise le président.

En effet, la plus grande complexité liée à l’installation de panneaux photovoltaïques est la capacité de raccordement qui est très limitée en Ariège. “Si ces installations ne sont pas régulées, le risque est de saturer le réseau et donc d’empêcher d’autres installations de voir le jour. C’est la raison pour laquelle nous travaillons sur une planification avec les collectivités afin de convenir ensemble des conditions de mise en œuvre de ce type de projets”, étaye Jean-Yves Bousquet.

Nouveau plan avenir montagne
À l’échelle du massif, l’association des chambres d’agriculture des Pyrénées travaille sur l’élaboration d’un nouveau plan montagne en lien avec l’Europe, l’État, la région et le département. Celui-ci, déconnecté de la feuille de route ours et pastoralisme, a pour but de financer le pastoralisme de manière générale pour les cinq ans à venir.

Il interviendra dans l’installation de cabanes entre autres mais aussi en faveur de la communication liée au pastoralisme afin de présenter ses bienfaits en partenariat avec les professionnels du tourisme du massif. Un travail de structuration des filières et de promotion des produits pyrénéens est également en cours.

Un partenariat entre l’Andorre et la chambre d’agriculture de l’Ariège a également été signé afin d’accompagner les éleveurs bovins pour la commercialisation de leur viande mais aussi l’aménagement de leurs bâtiments d’élevage.

L’Ariège, territoire de valeur ajoutée

Lancée en 2021, la marque Nòu Ariège Pyrénées a de son côté continué son développement. À ce jour, une quarantaine de producteurs ont été labellisés pour pas moins de 500 produits. L’équipe intervenant avec Stéphanie Tétrel, chargée de mission de la marque, a été étoffée.

L’objectif en 2022 est d’atteindre la centaine de producteurs labellisés mais aussi de mettre en place les premiers modes de commercialisation : les corners de la marque dans les établissements touristiques et la vente par le biais des Halles fermières”, précise Christelle Record, élue en charge de la communication à la chambre.

L’un des autres projets de l’année est de créer un “comptoir multi-viandes” qui permettrait aux bouchers et aux restaurateurs de s’approvisionner plus facilement en viande local, en particulier pour les bovins et les ovins dans un premier temps puis à cela s’ajouteront les porcins par la suite.

Travailler avec les collectivités

Les élus ont également affirmé leur volonté de travailler en étroite collaboration avec les collectivités en concrétisant la signature de trois conventions de partenariats avec les communautés de communes de Haute-Ariège, du Pays de Mirepoix et de Foix-Varilhes plus récemment.

Ces partenariats se traduisent par une publication d’un guide des aides accessibles aux exploitants, une collaboration autour d’un projet foncier conséquent à Embarrou, la réalisation de diagnostiques fonciers en prévision de l’écriture d’un PLU ou PLUI mais aussi la participation à diverses commissions.

L’agriculture doit être démystifiée auprès de certains élus, nous ne sommes pas la cinquième roue du carrosse, loin de là. Et c’est ce que nous essayons de prouver avec ces partenariats. Aujourd’hui, beaucoup sont fiers du résultat obtenu par la plateforme Terroir Ariège Pyrénées. Pour ma part, je suis déçu qu’il n’y ait pas plus de collectivités qui s’y approvisionnent. Il est temps d’allier les actes à la parole”, affirme Philippe Lacube.

Les services de la chambre proposent d’ailleurs aux communes qui le souhaites un accompagnement dans la rédaction de leurs appels d’offres pour que des groupes d’aliments soient faits afin que la plateforme puisse répondre à une partie de ceux-ci”, ajoute Stéphanie Dedieu-Lebrun, directrice adjointe de l’établissement consulaire.

Retrouvez les autres thématiques abordées dans notre édition du 21 janvier 2022.

C.L.