Les JA et les FDSEA des départements pyrénéens alertent le préfet coordinateur.

À l’instar des autres territoires du massif, l’Ariège connait une explosion des dégâts causés par les vautours. Les attaques sur des animaux en bonne santé se multiplient. Lors d’une réunion du 6 juillet, les JA et les FDSEA des Pyrénées ont alerté le préfet des Pyrénées-Atlantiques, désigné coordinateur par le ministère de la Transition écologique pour le plan national d’action vautours.

Une explosion de la population

Du fait de l’absence de régulation de l’espèce, la population de vautours fauves sur le massif connait une augmentation de plus de 50 % depuis 2012 avec un taux d’accroissement annuel de 7  %. En 2019, 1.254 couples reproducteurs ont été comptabilisés dans les Pyrénées françaises et 6.000 couples sur le versant espagnol.

Pour se nourrir, un vautour peut parcourir plus d’une centaine de kilomètres par jour et est capable de sentir sa proie à plusieurs dizaines de kilomètres. D’après les chiffres présentés par les services de l’État, l’Ariège ne comptabilise aucun couple reproducteur. Face à des attaques importantes, cette annonce scandalise les responsables des JA et de la FDSEA.

Des comportements déviants et des dégâts croissants

Aujourd’hui, avec une population croissante, les vautours ont dépassé le rôle de charognards et sont devenus de véritables prédateurs. En effet, depuis plusieurs années, les syndicats majoritaires déplorent de nombreuses attaques sur des animaux vivants, notamment au printemps et à l’automne.

Les éleveurs ont également soulevé les dommages causés sur les points d’abreuvement des animaux d’élevage ou encore aux abords de bâtiments. En 2014, suite à la mobilisation des syndicats JA et FDSEA, la préfète de l’Ariège avait autorisé des tirs d’effarouchement. Cet arrêté préfectoral a été cassé au tribunal administratif en 2017.

À ce jour, aucun moyen de défense n’est autorisé et aucune indemnisation pour compenser les préjudices n’est proposée. Les chiffres prouvent la nécessité de réguler l’espèce comme le revendiquent les JA et la FDSEA.

Face au carnage sur les animaux d’élevage, les élus syndicaux exigent une indemnisation des dommages. En réponse, le préfet a indiqué avoir formulé cette demande d’indemnisation auprès du ministère qui n’a pas encore répondu.

Placettes d’équarrissage : les JA et la FDSEA disent NON !

En Ariège, deux projets de création de placettes d’équarrissage ont été identifiés : une à Dreuilhe et une à Seix. Ces espaces en pleine nature sont aires de dépôt de cadavres issus d’élevage extensif et destiné à être consommés par les rapaces nécrophages. Il en existe déjà plus d’une cinquantaine sur le versant nord des Pyrénées.

Ce projet ariégeois résulte d’une étude tutorée par des associations environnementalistes ariégeoises. Ceci révolte les JA et la FDSEA. Les deux syndicats sont fermement opposés à l’ouverture de nouvelles placettes qui visent purement et simplement un développement de l’espèce.

Les syndicats ont également insisté sur le désarroi et la colère des éleveurs impactés. La pression est palpable sur le terrain. L’heure n’est plus à l’étude ni à la concertation. Des mobilisations pourraient voir le jour si aucune solution rapide et concrètes n’est autorisé par les services de l’État.

JA 09